08 juillet 2008

Cannes, jour 9: la croisette joue l'alitération, et siffle les français

Par Fadette, jeudi 22 mai 2008 à 15:59

Il valait mieux être Ch'ti hier soir, que français ce matin. Explication...

Et voilà, ça c'est fait. Le plus « gros morceau » de la compétition est vu, et presque digéré. Le Che de Steven Soderbergh a donc été présenté hier soir, à peine fini, à la presse et en séance officielle. A peine fini, on sait que Thierry Fremaux a mis la pression sur Steve pour qu'il soit présenté à temps pour Cannes, au lieu d'aller à Venise en septembre. A peine fini, puisque sans générique, et avec un montage qui pourra encore changer d'ici sa sortie publique, probablement à la rentrée.

Et donc, est-ce que ça valait la peine? Toutes ces rumeurs, ces péripéties? 4h28 de film, et alors?

Et alors aie aie aie.... Ce n'est pas que c'est mauvais, je vous préviens tout de suite pourtant que ce n'est pas bon, enfin pas terrible.

Ca démarre par une première partie sur la révolution cubaine, et la prise du pouvoir par le Che Guevara et Fidel Castro. Un film un peu compliqué, qui mêle les époques et les styles. On finit tout de même par s'y accrocher, Benicio del Toro faisant une remarquable interprétation (un prix?). Mais force est d'avouer que tout cela est un peu classique, dans la réalisation et dans la mise en scène. Une histoire linéaire et simple, c'est ce que Soderbergh nous livre.

Entracte

Vient ensuite la seconde partie. et là c'est le drame. Un long défilement nous informe qu'une fois le pouvoir gagné par la guerilla, le Che, qui a aidé Fidel a mettre en place son gouvernement, décide de partir ailleurs apporter la bonne parole révolutionnaire. En Bolivie il lance son groupe de lutte, et se heurte à l'incompréhension des paysans, et à la dureté de l'armée. En clair les belles idées ne sont pas forcément faciles à mettre en pratique, et pour faire une révolution dans ces conditions il faut être dingue. Ca tombe bien, le Che l'est un peu.

Car ce que Steven Soderbergh fait du Che c'est un doux révolutionnaire. Qui, certes, tue parmi ses miliciens, mais toujours avec de bonnes raisons: pour la justice, parce qu'ils ont trahi ou qu'ils ont failli à la discipline du mouvement. Le stratège génial c'est Fidel, mais celui qui apporte l'âme de la révolution au mouvement du 26 juillet, c'est Ernesto Che Guevara, le formateur des troupes. Oubliées les zones d'ombres, simplifiée l'histoire, Soderbergh colle à l'idole, au portrait collé sur les sacs des écoliers qui ne savent souvent pas de qui ils parlent.

Dommage, on aurait aimé pour cette biographie grandeur Hollywood un autre style, et plus d'enthousiasme et euh... un film moins chiant? Parce que si la première partie passe, on en prend son parti, la seconde agace, au mieux elle ennuie. Heureusement que le festival avait prévu les sandwichs à la pause pour les journalistes, parce que sinon les sifflets se seraient sûrement fait entendre.

Enfin, voilà qui est fait, et vu comme ce film doit en ennuyer quelques un à la tête des Etats-Unis, gageons qu'il plaira à Mister Sean!

Remarquez il n'a pas fallu attendre longtemps pour les entendre, les fameux sifflets de Cannes... Ce matin un autre français faisait son entrée dans la sélection: Philippe Garrel. Avec les Frontières de l'Aube, joué par son fils, Louis Garrel et Laura Smet. L'histoire d'un journaliste qui a une liaison tumultueuse avec la star qu'il venait interviewer. Un film entre la poésie et l'inintérêt, qui a donc récolté une jolie batterie de sifflets. Pas franchement mérités avouons le, mais bon...

Voilà pour le moment la récolte d'infos du jour... Rien de bien neuf sinon si ce n'est l'arrivée de Madonna et Sharon Stone sur les marches hier, en même temps que les Ch'tis... Des ch'tis qui n'ont fait que la montée des marches, ne voyant même pas le film Che, puisqu'ils étaient sur Canal Plus ensuite... Tant pis pour eux, ils n'ont pas du coup profité de la fête avec tous les VIP, y compris Maradona et Emir Kusturica...



Commentaires

1. Le vendredi 23 mai 2008 à 09:38, par nini

Quel dommage que le Che soit une deception...Il me tentait beaucoup, mais me tente toujours quand même! Et vos marches à vous, elles en sont où? On est pas là pour rigoler hein! Courage, c'est bientot fini, le retour dans le ch'nord roi du glamour...!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

2. Le vendredi 23 mai 2008 à 12:38, par missa

bin j'suis sure que j'etais mieux devant mon Indiana de 2h que toi avec ton film-supra-long! Tres chouette le Indy, mais quelques petites "étrangités"... enfin, j'voudrais pas spoiler!

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