08 juillet 2008

Cannes, le sixième jour : Nord éclair, les fêtes et les buzz du jour

Par Fadette, lundi 19 mai 2008 à 19:20 ::



Et voilà, la moitié du festival est derrière nous, ou est-ce que la moitié serait devant nous?

Eh bien, on dirait que Nord éclair porte chance! Le chouchou des critiques, français, c'est Un Conte de Noël. Le roubaisien Desplechin et son dernier film, je vous en ai déjà parlé en long, en large et en travers (voir le post de vendredi dernier)... Et vous devez attendre encore 2 jours pour pouvoir vérifier que vous me faites encore confiance! Je mesure à quel point cela doit être difficile, et ne me dites pas que tout ce que vous attendez c'est de pouvoir aller voir Indiana Jones et non de me lire!

Jusque là, tout va bien, enfin presque... Ce qui a changé depuis le début c'est que quelques uns sont bien usés par les fêtes, et les places se font plus nombreuses aux séances!

Tiens, les fêtes, je ne vous en ai pas encore parlé... C'est que mon expérience est limitée, c'est que je suis là pour bosser, croyez le ou non (oui oui, quelques uns sont visés), et faire la fête toute la nuit est un tantinet incompatible avec le fait d'être aux projections de 8h30, du moins assez réveillée pour comprendre ce qui se passe à l'écran.

Dans les fêtes cannoises, qui se tiennent dans les villas des hauteurs ou sur différentes plages privées, on sert du champagne, et des sushis... C'est pus hype. Hype aussi la « piscine », pas une référence au musée roubaisien, mais un verre de champagne, avec des glaçons. Moi, vu le champagne j'appelle ça un crime, mais bon, on ne discute pas le hype!

Dans les soirées on croise donc les stars, en particulier quand on fréquente la soirée Europa Corp (la société de Luc Besson), et quelques starlettes, qui partagent visiblement le même coiffeur, spécialiste dans la « crinière de lionne ». Ce n'est pas de la jalousie, je vous assure... Mais il est assez drôle de les voir s'étioler en grappes le long de la piste de danse, très occupées à secouer leur chevelure et à éviter les serveurs qui amènent les petits fours, au cas où elles devraient avouer qu'elles ne mangent pas (à tort, les traiteurs cannois sont doués!)

Rien de bien étonnant, rien de vraiment terrible, et franchement, je m'en serais voulue de manquer Le Silence de Lorna pour ça.

Heureusement, il n'en fut rien.

Le Silence de Lorna c'est le nouveau film des frères Dardenne, présenté en compétition cette année.

Le moins que l'on puisse dire c'est que les frères Jean-Pierre et Luc Dardenne ne se trimballent pas une réputation de réalisateurs franchement guillerets. De Rosetta à l'Enfant, en passant par Le fils et la Promesse, leurs films décrivent toujours des milieux pauvres, des histoires tragiques. Ce Silence de Lorna ne fera pas exception à la règle...

Lorna est une jeune réfugiée albanaise. Pour fuir son pays elle a accepté d'épouser Claudy, toxicomane, sur les entremises de Fabio, chauffeur de taxi qui fait dans les mariages blancs pour arrondir ses fins de mois. A charge de revanche puisqu'une fois obtenue la nationalité belge, Lorna devra épouser un russe. Tout cela elle l'accepte, parce qu'avec son amoureux, Sokol, elle veut ouvrir un snack à Liège. Le hic c'est quand elle commence à réaliser que pour que ce deuxième mariage arrangé se fasse au plus vite Fabio a prévu de tuer Claudy. Lorna pourra t-elle se taire? S'enfermer plus avant dans le secret et la solitude?

« Ce qui nous a intéressés, commente Jean-Pierre Dardenne, c'est cette histoire d'être humains qui viennent d'ailleurs, et qui son prêts à tout accepter pour obtenir ce qu'ils pensent être leur part de bonheur. Lorna est un être humain, en tant que telle elle a une part d'ombre, de contradictions, ce qui va avec son silence, que, moi, je trouve très beau ». L'occasion aussi pour les frères belges de poser leur caméra, réputée très mobile (parfois trop mobile dit-on). Face à une histoire complexe, très dure, ils se mettent à l'observation plutôt qu'à la participation. « On a opté pour une caméra beaucoup plus calme parce qu'on voulait regarder Lorna. Et pour mieux regarder cette femme et les 4 hommes qui l'entourent, il ne fallait pas bouger avec elle, mais enregistrer plus qu'écrire avec notre caméra » ajoute Luc.

Une méthode qui paie vite ses fruits : le spectateur s'attache à Lorna, cette femme loin des stéréotypes, mystérieuse et inquiétante. Les Dardenne recréent ainsi un monde qui n'a pas manqué d'étonner les festivaliers peu habitués à leurs œuvres. Ainsi pendant la conférence de presse un journaliste espagnol s'est étonné: « voilà longtemps que je ne suis pas allé en Belgique, mais j'ai l'impression que ces cafés, cet environnement que vous montrez, est très travaillé, pour lui donner un aspect vieillot ». Rires puis réponse de Luc Dardenne: « Mais on a tourné sans rien modifier des lieux où on était! C'est notre pays qui a, naturellement, ces bistrot qui peuvent paraître datés, je ne vais pas dire d'un siècle, mais d'un demi siècle. Nous n'avons pas tourné au même endroit que d'habitude. Seraing était trop calme, nous nous sommes déplacé à Liège, parce qu'il y a plus de monde dans les rues, c'était moins désert. » Une saillie qui détend l'atmosphère après un film grave, sur un sujet qui n'a pas manqué non plus d'amener les questions. « Les gouvernements ne trouvent pas de solution aux problème de l'immigration. En Belgique un projet devrait bientôt être proposé qui instaure le cas par cas. Nous on aimerait que cette régularisation puisse dépasser le cas par cas, prendre en considération le regroupement familial, ou la scolarisation des enfants. ».

Un beau film, au sujet polémique, par des réalisateurs qui n'ont pas peur de parler politique, voilà qui devrait plaire à Sean Penn... Mais demain la compétition s'intensifie avec la présentation du Clint Eastwood, avec Angelina Jolie, l'Echange, et là encore le buzz est faramineux...

Gros buzz aussi, spécial nordiste : les ch'tis de Dany Boon monteront les marches mercredi, à la demande du festival... Pas de fête pour eux ensuite, pour des raisons pratiques d'horaires? C'est qu'ils vont voir le Che de Soderbergh, qui ne fait rien que 4h28!

buzz de dernière minute: Gilles Gabriel vient de monter les marches. Gilles Gabriel, vous ne savez pas qui c'est? L'incroyable interprète de Flou de toi! (http://www.myspace.com/gillesgabriel)


Commentaires

1. Le lundi 19 mai 2008 à 19:54, par missa

oh ouais, Gilles Gabriel!!! prends des photos!!!

2. Le mardi 20 mai 2008 à 10:44, par manulelillois

Les frères Dardenne ont-ils découvert le moule de la Palme d'Or ? Vu de Lille, c'est Indy et son fouet qui s'imposent cette semaine en terme de buzz... Mais Dany et son accint d'euch nord débarquent. Sortez les boîtes à HEIN ? ! On l'attend ici à lille pour la grande parade dans les rues de la ville, avec bière et frites-fricadelles à VOLONTE !!! Vu de Lille, les rumeurs grandissent : fondées ? +INFO+INFO+INFO+INFO+++INFO Cassel et Kassovitz en sont venus aux mains... Angélina Jolie récompensée à coup-sûr Palme d'Or du film : the changeling => Clint et Sean s'adorent Mon Top 5 des Marches : 1 Angélina Jolie toute en rondeur, superbe ! 2 Pandi-Panda 3 Elsa Zylberstein ou le remake de Sophie Marceau 4 Fadette tentant pour la 13ème fois de monter les marches. "Les baskets, là, ça va pas être possible !" 5 Tintintintin tintintin tintintintin tintintinnininin

Fadette, ici, il fait toujours aussi beau, Lens est en Ligue2, et promis, on ira voir "un conte de noël" avant Indy

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