08 juillet 2008

Cannes, troisième jour (vendredii 16)...

Par Fadette, vendredi 16 mai 2008 à 18:19

Pendant ce temps là sur la croisette, il pleut!

C'était l'impatience du jour: la rencontre avec le premier film français en compétition, et le film nordiste de la séléction qui plus est. Et bien cela valait la peine de se lever tôt, Arnaud Desplechin signe un bien joli conte, l'un des premiers films de la séléction qui ait fait rire la salle... Et je vous assure que ce n'est pas rien! Alors oui, allez voir ce Conte de Noël dès mercredi prochain, il en vaut largement la peine! la preuve ci-dessous:

Un peu de chauvinisme régional ne fait pas de mal: le premier film français à débarquer sur la croisette c'était hier et c'est un ch'ti qui l'a signé. Arnaud Desplechin, roubaisien, a d'ailleurs tourné son Conte de Noël entièrement à Roubaix. C'est, comme souvent avec lui, une histoire de famille, une histoire de relations complexes entre des être humains qui, malgré tout, s'aiment. A l'origine il y a donc Abel et Junon, un couple heureux, jusqu'à ce que leur premier né déclare une maladie génétique rare. Une seule solution pour sauver Joseph: la greffe de moëlle. Une greffe que la soeur de Joseph, Elizabeth ne peut faire, elle n'est pas « compatible ». Les parents conçoivent donc un troisième enfant, un « enfant médicament », espérant que lui pourra sauver son aîné. Peine perdue, Henri n'apporte pas la réponse tant attendue, Joseph s'éteint. Ce n'est qu'avec la naissance d'Ivan que la vie reprendra cahin-caha son cours. Et pourtant. Aujourd'hui toute la famille se retrouve devant la maladie: Junon est atteinte par la même myeloblastie, il lui faut, à son tour, une greffe. Mais les incompatibilités de la famille ne sont pas dues qu'au génome, et réunir une famille disloquée depuis 5 ans, depuis qu'Elizabeth a banni Henri dans un accès "Shakespirien", ne va pas sans problèmes. Les secrets se révèlent, les haines s'intensifient. Mais après tout, hait-on vraiment quand on a le même sang?

Lors de la conférence de presse Arnaud Desplechin et son casting ont souvent cité le poète de Stratford Upon Aven. Shakespeare donc, mais aussi Nietsche, Emerson, des auteurs auxquels les personnages font parfois ouvertement allusion, tentant d'ordonner leur propre humanité ou celle de leurs pairs. Desplechin se joue de tout cela et apporte même à leur aide les mathématiques, avec une brillante démonstration de Claude, le beau-fils, à Junon, lui expliquant, par a + b ses chances de survie. Une froideur mathématique très calculée, et qui n'est, elle aussi qu'apparence. Ainsi la mère et le fils se déclarant « je ne t'aime pas » « moi non plus », ne sont-ils pas en train de se dire le contraire. Et la sœur qui bannit finit par réparer le frère honni.

Ce qui ressort de tout cela c'est le talent d'Arnaud Desplechin, éclatant. L'écriture tout d'abord est ciselée, les dialogues sont franchement drôles et les effets ne tombent jamais à plat. Ecrit avec son complice habituel, Emmanuel Bourdieu, le film ménage les effets, et chose qui n'est ps si courante, parvient à faire exister tous les personnages d'un casting trois étoiles, certes, mais fleuve. Si le synopsis vous paraît compliqué, aucun souci à se faire pour ce qui est de suivre le film, c'est facile, presque évident. Une maestria que l'on doit à l'écriture, mais aussi à la mise en scène. Desplechin a toujours été un bon directeur d'acteur, il le confirme avec ce Conte de Noël, qui mêle huis-clos, théâtre d'ombre, voix off et effets d'image. La photographie, signée encore une fois d'eric Gautier, magnifie les acteurs, mais aussi Roubaix. Roubaix, présente dès le générique puisque le nom de la ville, suivi d'un point d'exclamation, est un véritable sous-titre! Dans la quête de généalogie d'Arnaud Desplechin ce Conte de Noël aura donc une place à part dans notre sélection, et la croisette bruisse déjà de murmures, de prix que les journalistes sont si prompts à pronostiquer en période cannoise. Pour une fois nous ne leur en tiendrons pas rigueur... Vous l'aurez vite compris, c'est mon premier coup de cœur!

Je ne vous en dis pas plus, je garde des réserves pour mercredi, jour de la sortie du film. Mais promis je vous raconterais ce qui s'est passé à la grande fête organisée pour l'occasion ce soir... En attendant je file, Vicky et Cristina m'attendent à Barcelone...

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Commentaires

1. Le samedi 17 mai 2008 à 09:48, par nini

AH mais quel bonheur de voir enfin un peu d'animation à Cannes! LA PLUIE!!! En tt cas merci de ttes ces infos en direct d coulisses de plus gd brassage de people.. Et moi qui n'ai jamais été attirée par le monde de Desplechin, enfin vous me donnez envie d'aller découvrir ça d'un peu plus pres.. A bientot pour de nvelles aventures!

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