08 juillet 2008

Robert Downey Junior, Iron Man, l'homme de tôle

Par Fadette, mercredi 30 avril 2008 à 14:58

Il est d'une nonchalance feinte, accro au café starbucks, et difficile à dérider. Mais quand on y parvient, à 3 autour d'une table, on finit par passer un très bon moment avec Robert Downey Junior, un des acteurs les plus sous-exploités d'Hollywood. Rencontre avec le nouvel Iron Man, celui qui nous réconcilie avec les films de super-héros!

Qu'est-ce qui vous a plu dans le projet Iron Man? Je ne sais pas si Jon vous l'a raconté, mais quand on s'est rencontré j'étais en pleine promotion de Kiss Kiss Bang Bang. On adorait ce film, on pensait vraiment qu'il était bon. Résultat, quand il est sorti, il s'est écrasé. Jon venait de faire Zathura, un succès critique, que j'ai beaucoup aimé, tout comme mes enfants, et qui n'a pas marché non plus. Alors on est tombés d'accord sur le fait qu'on avait envie de faire de bons films, que les gens verraient, ce qui n'est pas une combinaison facile à obtenir. On ne peut pas se dire « allez on fait un bon film et tout le monde ira le voir ». Mais on voulait vraiment aller dans cette direction.

Il a été difficile de vous imposer pour ce rôle? Avec Jon on pensait que c'était une bonne idée. Mais d'autres, peut-être à cause de mon passé, ou de mon image qui n'est pas vraiment... « whatever », forte, celle d'un gars viril, n'étaient pas d'accord. Tout est une question de perception, et de passé.

C'est un drôle de personnage que ce Tony Stark Je me souviens que quand j'étais petit, et j'y crois encore, je trouvais que le plus beau métier du monde c'est inventeur. On peut faire profiter l'humanité de son talent. On fait des choses qui n'étaient pas là avant. Le grand-père de ma femme, Susan, a inventé le « dip-a-dee-do ». Ca n'a pas changé la face du monde, mais il a changé la façon d'utiliser du gel pour les cheveux, sans cire, sans flacon à presser, en mettant le tout dans un pot. Je dirais que dans les années 80 c'était très important.

Est ce un personnage qui vous ressemble? Il y a beaucoup de choses que Tony dit dans le film qui sont vraies pour moi aussi. Et on s'est dit que ce serait plus facile à dire. Mon assistante a vu le film avec moi, et elle n'arrêtait pas de me dire « c'est exactement comme ça que vous me traitez! ». Quand, dans le film, il dit « Pepper j'ai été traité de beaucoup de choses, mais jamais de nostalgique », ça vaut pour moi aussi. je ne suis pas nostalgique.

On sent un certain enthousiasme dans le film, de l'amusement peut-être? j'étais très enthousaiste, et des fois ça ressemble à de l'amusement. Il y a des scènes... Dans l'atelier par exemple je suis arrivé sur le plateau et je leur ai dit « mais c'est quoi ces putains de robots, je suis tony stark, je peux avoir des robots cools, pas ces horreurs! » et on m'a répondu « c'est tout ce qu'on a ». « ils bougent? » et le gars me répond « ben, on peut les pousser... »! J'ai voulu les faire enlever et puis je me suis dit que finalement c'étaient peut-être les deux premiers robots qu'il ait jamais construits, qu'il y en a un vraiment bête, qu'il appelle « dummy », et que l'autre n'a pas de nom, alors il l'appelle « you ». Et à la fin du film on peut comprendre qu'ils sont importants pour lui. Je pense aussi que, métaphoriquement, et je vous prévient c'est stupide, il y beaucoup de chose que l'on crée ou développe avant 15 ans, qui finissent par nous sauver les fesses. Que des choses ne changent pas, mais sont importantes dans le reste de notre vie.

Il y a eu de l'improvisation sur le plateau? On avait un bon scénario, mais j'avoue que le matin, après mes deux cafés, j'arrivais sur le plateau et je jetais, littéralement, le scénario. Jon me disait, très calme : « tiens, bonjour Robert, donc tu voudrais qu'on réécrive la scène? »... Gwyneth désespérait dans un coin... Et puis on se mettait tous ensemble à bosser. Il y a une scène, celle du test du missile, où on n'avait rien le matin, et puis on l'a écrite ensemble, puis sur des petites cartes. C'est pour ça que je porte des lunettes dedans, pour qu'on ne voit pas mes yeux en train de lire les cartons que l'assistant me tenait! Je suis tellement confiant, alors qu'en fait je lisais tout!

C'est un film très critique aussi envers les Etats-Unis et leur guerre, notamment en Afghanistan... Je ne veux critiquer personne! Je pense qu'il est bon d'être fort militairement, mais d'utiliser aussi notre raison. Je ne sais pas où on devrait, ou ne devrait pas, être. Mais je sais que si je veux passer pour un abruti, alors il suffit que je me mette à parler de politique. Mes pairs parlent un peu de tout, parfois ils sont ambassadeurs de quelque chose, parfois non. Mais c'est un boulot à part. Si un jour je me sens attiré par la politique, si je voulais vraiment être « full of shit », je pourrais aller faire de la politique. Enfin, je ne pourrais sûrement pas avec mon passé!

Dans ce contexte comment s'est passé le travail avec Clooney sur Good night and good luck? Je pense que c'est un homme bien, et puis il faut aussi prendre en compte ce que sont les gens, ce qu'est leur histoire. Quand on faisait Good night and good luck je ne me disais pas « mais qu'est ce qu'on a fait à tous ces libéraux parce qu'on avait peur du communisme? ». Je suis plus du genre terre à terre, mais vous devez aimer Clooney plus que moi en France, je suis un peu moins évolué que lui pour tout ça

Vous ne pouvez pas cependant ignorer le point de vue politique fort développé dans Iron Man!? Je pense que c'est intéressant: le point de vue politique dans le film est en fait celui d'une personne qui dit « attendez, je peux faire la différence », ce qui veut dire pour moi qu'un pays peut changer les choses, qu'une génération peut changer les choses. Mais je ne pense pas que ce soit mon pays, ni ma génération. Je pense que ça offre la promesse d'une personne, d'une génération qui puisse le faire. Tony est blessé mortellement, il ne pourra pas aller mieux, à cause de son passé, et ceci dit, je pense qu'il peut être utile pendant qu'il vit, et être heureux. Mais je pense que tout ce que notre génération peut faire c'est espérer préparer un onde meilleur pour les générations à venir, pas vraiment plus.

Remettriez vous l'armure pour un Iron Man2? Hell yeah! Je la mettrais même sans ça.

Comme pour The Hulk? C'est une drôle d'histoire, ce teaser de The hulk. En fait j'ai juste rencontré william hurt à un bar, à 3 blocks de chez moi et on a fait un teaser. Mais ils ont réussi leur promo chez Marvel, tout le monde en parle! Mais laissez moi le temps, en ce moment je suis un peu dans mon île. Je suis Iron Man, enfin je l'étais.

Propos recueillis à Paris par Fadette Drouard

Commentaires

1. Le mercredi 30 avril 2008 à 15:25, par P. Emmanuel

Tellement troublée la belle Fadette qu'elle publie double... Le beau Robbie est casé ! Mais j'en connais un qui peut le remplacer haut-la-main !

2. Le mercredi 30 avril 2008 à 16:01, par Fadette

Doublon corrigé... Merci, exigeant lecteur!

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