08 octobre 2008

Wall-E, interview d'Andrew Stanton et Ben Burtt

Par Fadette, mardi 29 juillet 2008 à 22:19 :: Interviews... :: #64 :: rss

Le premier c'est l'heureux papa de Wall-E, le second le créateur des effets sonores du film... Les deux ont créé un chef d'oeuvre, humain, drôle et tendre. Une réussite totale, à voir vite vite vite!

Pourquoi Hello Dolly comme archétype de l'amour cinématographique? Et comme thème d'ouverture du film?

Andrew Stanton: Je pense que c'est l'idée la plus étrange que j'ai jamais eue. Pour l'ouverture du film je voulais une musique qui tranche avec l'espace dans lequel on se trouve. Et ce côté romantique un peu daté était parfait dans cette musique. Ca permet aussi de connaître les sentiments de Wall-E avant même de le rencontrer. Je ne savais pas quelle comédie musicale utiliser au début, mais quand j'ai entendu celle-ci, et cette chanson « put on your sunday clothes », c'était parfait. Mais je ne l'ai pas dit tout de suite!

Faire un film avec très peu de dialogues, et toute une première partie presque muette, c'est un challenge de plus?

Andrew Stanton: Pendant un an ou deux on a tenté l'idée d'une humanité qui avait aussi perdu sa langue, ils avaient déjà perdu leurs os sous le coup de l'apesanteur... Mais c'était trop , trop à encaisser pour le public, et c'était trop stupide, alors on a arrêté.

D'où vient votre inspiration SF?

Andrew Stanton: Mon inspiration vient spécifiquement des années entre 1968 et 1982, quand j'allais au cinéma sans arrêt voir des films de science-fiction. Et du coup j'ai essayé de « recapturer » le même esprit, cet enthousiasme qui me prenait quand je sortais des films. C'était important pour moi que mes enfants puissent ressentir la même chose, et que je puisse le retrouver aussi! Ce que j'ai dit à l'équipe quand on a commencé, c'est que je voulais qu'on puisse se dire que Wall-E était une vieille bobine des années 70 qu'on avait retrouvée et restaurée.

Et le mélange de neuf et du vieux du film?

Andrew Stanton: Il fallait un écho romantique et pur, l'amour des comédies musicales. J'aimais l'idée que l'humanité ait oublié son passé, mais qu'un petit robot soit fasciné par ce que l'on était.

Avez-vous envisagé le public du film?

Andrew Stanton: Tous les films qu'on fait chez Pixar sont pour nous d'abord. On les fait pour des adultes, en espérant qu'on n'exclut pas les enfants. On essaye de faire des films qui nous plaisent c'est tout.

Comment avez-vous abordé la façon d'humaniser les robots?

Andrew Stanton: Je ne me suis même pas posé la question en fait. A chaque fois qu'on fait un film, que ce soit sur les fourmis, les poissons ou les rats, on les étudie à fond. Les robots c'est une espèce aussi, des machines. On a étudié leurs mouvements, leurs fonctionnalités. Il n'était pas question de traduire nos mouvements, mais de trouver le contrepoint de nos mouvements à nous. C'est qu'on interprète ce que les personnages pensent, comme on le fait avec un bébé ou un animal qui ne peut pas parler. On finit les phrases en fait. Et c'est très intéressant d'utiliser ça pour faire un film.

Ce film a résolument un ton plus sombre que Le monde de Nemo par exemple.

La science-fiction tend à être plus sombre par nature. Ce n'est jamais des histoires qui racontent à quel point l'humanité est formidable, mais à quel point on est foutus, c'est la nature du genre.

Ben, pourquoi avoir accepté de faire le son de Wall-e?

Ben Burtt:

Il fallait pouvoir faire passer des idées avec juste du son et de la musique. Ce n'était pas évident. Mais j'ai adoré les possibilités de création de ce monde, et tenté de rendre les sons expressifs. Wall-E est seul, ça lui pèse, alors ses moteurs font un bruit très triste. C'est comme avec la musique, les sons pouvaient créer des sentiments.

Pour Star Wars vous avez du créer des armes et des vaisseaux spatiaux.. Mais cette fois?

Ben Burtt: Je n'avais jamais travaillé sur une histoire d'amour, c'est vrai, en général on me demande de faire exploser des choses. Cette fois c'était un nouveau territoire à explorer, avec des personnages charmants. Je me suis beaucoup amusé cette fois, j'avais une vraie liberté de création. Je me suis surtout inspiré de Peter Pan, et des premiers Disney, ils avaient une vraie chaleur.



Commentaires

1. Le jeudi 31 juillet 2008 à 19:41, par Joao

Vraiment, après avoir lu cette interview, c'est décidé, j'irai voir Wall E ce week end!!

Merci beaucoup Fadette pour cette interview si bien réalisé!

Ps: ( je trouve les images SUPERBES !)

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