22 juin 2009

Lascars, le coup de coeur!

Une interview, une vidéo et une critique pour vous encourager, encore et toujours à aller voir ces Lascars! (promis, je n'ai pas d'actions chez eux :) )


Et voilà, ça se confirme : Vincent Cassel est un « Lascar ». En tout cas, dans ce film d'animation, aujourd'hui sur les écrans français, il est la voix de Tony Merguez, loser patenté, petite frappe au grand coeur, toujours dans les embrouilles...
PROPOS RECUEILLIS PAR FADETTE DROUARD > fadette.drouard@nordeclair.fr

Comment êtes-vous devenu un des « Lascars » ?

>> Parce qu'ils ont choisi les meilleurs, tout simplement ! Non, sans rire, l'équipe du film est venue me voir très tôt. On s'est croisés comme ça dans des soirées à Paris. Et puis Eldiablo, qui est un des créateurs de la série, fait aussi partie du collectif Kourtrajmé avec lequel je travaille beaucoup. Je faisais déjà partie de la « clique », même si je ne connaissais pas la série de sketches diffusés sur Canal+. Quand ils me l'ont proposé la première fois, j'avoue que je les ai un peu zappés. Le projet me semblait bancal, je n'ai pas réagi. Et puis j'ai croisé une copine commune qui m'a dit qu'ils avaient évolué et on a repris contact. J'ai vraiment eu un coup de coeur pour cette histoire.

Quinze ans après « La haine », c'est un film de banlieue sur le ton de la comédie ?
>> C'est sûr, c'est un dessin animé, une comédie. Mais, après tout ce temps, malheureusement, rien n'a changé dans les banlieues. D'un autre côté, ce film raconte un peu l'envers du décor. Au cinéma, on voit toujours des gros durs, des fiers-à-bras, des cadors. Ici, c'est plutôt le quotidien ordinaire. Des mecs qui, une fois rentrés chez eux, ne font plus semblant d'être des durs et deviennent touchants. Quand j'ai vu les Lascars terminés pour la première fois, j'ai pensé au Pigeon de Monicelli. Ces gens qui essaient coûte que coûte de faire un casse mais qui n'y arrivent pas. En fait, ils font tout pour sauver les apparences. On n'est pas dans le stéréotype des banlieues mais dans les coulisses, on se rend compte qu'« en fait, non... » Ça rend aussi les choses plus humaines. Mais c'est vrai qu'en banlieue, ce qui prime, c'est le regard des autres sur toi-même. Tu n'as de valeur que si tu es reconnu, respecté, redouté.

Le langage du film est particulièrement coloré. Vous avez pris des cours de rattrapage ?
>> Je n'ai pas eu besoin de faire une immersion, de me replonger dans ce langage... J'ai grandi à Paris et si on est un peu dans la vie, on ne peut pas être séparé de ça.
Je sais parler comme ça. L'important, c'est de savoir ne pas parler comme ça quand on en a besoin !

Votre look crâne rasé, c'est pour « Les Seigneurs », ce film que vous tourniez en mai dans le Nord ?
>> Oui, mais ça repousse ! C'était pour cette histoire de deux rouquins, Olivier Barthélémy et moi, qui se rasent intégralement parce qu'ils en ont marre d'être maltraités. Ils auraient pu être beurs ou membres de je ne sais quelle minorité, ils sont juste rouquins.

Un film choc ?
>> Le ton est dans la veine de ce que j'essaie de faire depuis des années. C'est-à-dire que ça n'est pas pour tout le monde. Mais ceux qui aimeront vont vraiment aimer. Il y a quelque chose de provocateur dans la démarche. Je me rends compte que j'aime bien ce qui n'est pas consensuel. Il faut titiller le spectateur. J'ai toujours refusé de participer à des films rentrant dans l'image traditionnelle du cinéma français. Je trouve que ça ne sert pas à grand-chose. Je me suis plutôt attelé à faire des films différents. Ce sera encore le cas.

 

La critique: Un film d'animation pour tous et toutes !

Tony Merguez et José Frelate sont super potes. Leur rêve pour l'été, c'est Santo Rico, ses plages, le soleil et les filles. Mais quand ils se rendent compte que l'agence de voyages de Condé-sur-Ginette les a arnaqués, il est trop tard...

Il y a ceux qui connaissent la série et se demandent si le passage au format long a bien été négocié. Qu'ils soient rassurés, la réponse est oui. Mais continuez à lire, on ne sait jamais... Et puis il y a ceux qui ne connaissaient pas les Lascars, ces petits épisodes d'une minute extrêmement drôles, autour du quotidien d'une banlieue, loin des clichés du journal télé, juste « normale ».
Les lascars, ce sont donc juste des gars paumés qui tentent coûte que coûte de se faire leur place au soleil, fût-il de banlieue. C'est comme ça que José Frelate se retrouve homme à tout faire pour le juge Santiépi (et la jolie Clémence), et que Tony Merguez se met en commerce avec le psychopathe de service, Zoran... Tout pour sortir d'un ordinaire de béton.


Mais tout ça, et c'est bien ce qu'on apprécie, c'est fait sans misérabilisme, sans tabou, sans moralisme à outrance. On est dans le divertissement, intelligent et fin. Que demander de plus ?
Sans oublier que les Lascars n'ont rien du projet marketing et véhiculent une vraie sincérité, salutaire dans un cinéma français trop souvent asphyxié dans ses propres obsessions. Visuellement étonnant, avec un mélange de 2D et de 3D, extrêmement drôle, rythmé, et en passe d'être culte...
Vivent les Lascars !


F.D.

LA vidéo: c'est par ici!

Commentaires

Mais! Au fait! Quand est ce qu'on saura qui a gagné les places pour ce fabuleux film??????
< moi! moi! moi! moi! moi! moi! >
lol

Écrit par : nini | 09 juillet 2009

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