01 octobre 2009

Le coup de coeur du moment...

19157079.jpgDécidément, je suis très animation en ce moment. C'est que c'est un format qui permet toutes les originalités, et que j'imagine que quand on a 5 secondes en une journée, on réflechit bien avant de faire les choses... Voici donc le petit bijou de la semaine, du moment, celui qu'il faut aller voir: Mary and Max...


19121962.jpgUne découverte qui  fut aussi l'occasion d'une rencontre anglophone avec Adam Elliot, réalisateur émérite. Un moment sympa, très cinéphile, et drôle, qui m'a encore une fois prouvé que les réalisateurs d'animation cultivent la même qualité: le refus du melon! Et croyez-moi, c'est assez rare pour être noté!

Ceci étant dit, passons au film... Ce petit bijou qu'il faut que vous alliez voir, maintenant! (enfin, pas tout de suite, lisez la suite, quand même...)

 

Blockbusters, effets spéciaux, futur et aventures spatiales... La magie du cinéma, c'est peut-être aussi quand des petites boules de pâtes, modelées, parviennent à  nous toucher.. Bienvenue dans le monde de Mary et Max.

On a tellement l'habitude de voir des films d'animation tout couleur, que le film, a priori, intrigue. Et puis on se penche un peu plus sur le sujet... L'histoire d'une correspondance entre une petite fille australienne sans amis et un new yorkais solitaire, atteint du syndrome d'Asperger. L'intrigue se creuse. Une histoire contée, par un narrateur, et lue, dans les lettres des deux protagonistes.. Nous voilà irrémédiablement happés par ce film atypique, qui, en plus, tient ses promesses.

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Il faut dire que l'animation pour adultes, on n'en voit pas tant que ça. D'ailleurs, ceux qu'Adam Elliot cite en références c'est Persepolis et Valse avec Bachir. Le film a d'ailleurs l'humour un peu desespéré du premier et l'ambition esthétique du second. Le tout étant plus qu'appréciable.


On plonge dans Mary and Max avec entrain. Emmenés dans cet univers certes gris (pour le coté Max) et marron (pour le côté Mary) par la voix off du narrateur, l'espièglerie des personnages, et l'humour des dialogues. Ces deux là sont en décalage total avec la société dite « normale », et le film se charge de le montrer et de le dire en deux minutes. Ceci étant posé, le film tient sur cet échange inhabituel, raconté sur près de 20 ans de temps. Une trame qui permet un basculement net de l'euphorie à la tristesse, avec une petite lueur d'espoir. Décidément, on est loin de Shrek et compagnie...

Et c'est pour le meilleur.

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Adam Elliot nous prouve, s'il nous fallait une preuve, que le meilleur du film dit d'auteur (sans connotation péjorative, promis), peut se nicher là où on ne l'attendait pas du tout. On aime Mary and Max, parce qu'il est à part, touchant, et remarquablement mis en scène. Au delà du procédé technique, au delà de l'emerveillement face à la stop-motion (on bouge un cil, on prend une photo, on bouge un autre cil, on prend une photo, et on met les photos bout à bout), au delà du bonheur de trouver un univers esthétique crédible et cohérent dans un film atypique de ce style, on aime Mary and Max parce qu'il fait vibrer en nous, vite redevenus enfant émerveillé, donc simple spectateur, une corde particulière.

Il s'insinue en nous tel une petite musique mélancolique, qui ne nous lâche pas de sitôt.

Fadette

 

 

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