20 octobre 2009

Lucky Luke, les rencontres... et la critique...

19175358.jpgDes interviews à foison... Et une critique positive... Voilà longtemps que ça n'était plus arrivé à propos d'une comédie française!!! Il faut avouer que quand on a vu Rose et Noir et Cinéman, Lucky Luke semble presque miraculeux!


La critique: Allez-y!

Tagada, tagada, voilà Lucky Luke...

Une icône, certes, mais qui n'a pas empêché James Huth, réalisateur, et Jean Dujardin de s'amuser, un peu, beaucoup, à la folie! Photo DR.

Pour sa troisième adaptation sur grand écran, le plus français des cow-boys solitaires de l'Ouest américain s'offre un casting trois étoiles et des décors à couper le souffle. Le tout assaisonné d'un humour fin et décalé. On aime !

Prégénérique : l'Ouest américain, le désert, une cabane, des bandits qui arrivent au galop. Ce n'est jamais une bonne nouvelle pour les familles de paysans du coin. La famille Luke va le vérifier. Le jeune John sera, miraculeusement, le seul à échapper aux balles du gang des tricheurs, gagnant par la même occasion son surnom : Lucky Luke (Luke le chanceux).
Générique. Devant la caméra, se dévoile un personnage, chemise jaune improbable, pantalon en toile denim, gilet en cuir et santiags à éperons. Et, bien sûr, il tire plus vite que son ombre.

Tout est dit en quelques images. La figure légendaire du « poor lonesome cow-boy » est posée. Ce que le réalisateur, James Huth, veut en faire, esquissé. Pas question de se borner au cartoon : ce qui l'intéresse, ce sont les failles qui se cachent sous la mèche du redresseur de torts, ses ressorts, ses défauts.

D'où une histoire qui plonge « l'homme qui n'a jamais tué personne » au coeur de sa ville natale, Daisy Town. Sa mission ? Nettoyer la ville des malfrats, emmenés par Pat Poker, pour que le chemin de fer puisse relier l'Est à l'Ouest des États-Unis et faire entrer le pays dans une ère nouvelle. Au programme, quelques rencontres avec des petites frappes mais aussi avec des pointures, de Billy the Kid à Jesse James, en passant par Calamity Jane.

James Huth a vite posé les bases de son histoire et de ses envies. Après tout, comme il le dit lui-même, on parle là d'un héros américain et de légendes de l'Ouest qui, tous, parlent français sans que cela ne gène personne. Facile d'en déduire qu'on peut tout faire de Lucky Luke... Mais Lucky Luke, c'est aussi un personnage culte, créé par Goscinny et Morris, qui a ses aficionados, des fans qui crient au sacrilège très très vite. Facile, du coup, d'en déduire qu'on ne peut pas faire tout ce qu'on veut de Lucky Luke...
Entre ces deux extrêmes, James Huth a trouvé un équilibre presque parfait. Il s'appuie pour cela sur un casting impeccable. Certes, Jean Dujardin est un Lucky Luke impressionnant. Dans le rôle du grand dadais maladroit mais rapide à dégainer, il est parfaitement crédible et relève le défi avec brio.
Décidément, on aime, on adore. Mais il ne pourrait tenir le film sans des seconds rôles à couper le souffle, de Sylvie Testud à Melvil Poupaud en passant par les étonnants Michaël Youn et Daniel Prévost. Ça fait longtemps que le cinéma français n'avait pas soigné ses « petits » rôles comme ça. Ça fait longtemps qu'on n'avait pas aimé un casting sans aucune réserve !

Certes, on ne tient pas là le film du siècle, et certains seront sûrement peu réceptifs à l'humour référencé et très décalé de James Huth. Mais si on peut ne pas aimer ce qu'il est de bon ton d'appeler « l'esprit Canal », on n'en trouvera pas moins un film soigné, fin et intelligent, servi par un grand casting. Un bon divertissement pour le moins, une bonne comédie, des premières images au « bout du bout » du générique de fin... Et, là encore, c'est assez rare pour être noté !

Fadette

 

 

19133207.jpg

Morceaux choisis... James Huth
- L'argentine: On a tourné en Argentine, dans des paysages qu'on n'imagine pas découvrir un jour. La vallée de la Lune.. C'est des décors d'une force insoupçonable.
- Le projet, les conditions: Yves Marmion est venu me voir pour me proposer de faire une adaptation de Lucky Luke au cinéma. Je n'ai même pas réfléchi, j'ai dit oui, mais avec Dujardin, et en Argentine. Je ne sais même pas pourquoi, je n'y avais jamais vraiment réfléchi. Mais c'est logique. C'est LA BD avec laquelle j'ai grandi. Ce héros au milieu de deux cultures, les cow-boys et les indiens, les français et les américains, ça me parlait déjà. Il y a dans le film, ce plan, ou un magasin passe de « ouvert » à « closed »... C'est le héros parfait Lucky Luke, ce personnage condamné à aller seul vers le soleil couchant.
-Un héros solitaire: Souvent, ce sont des couples qui marchent dans les BD. Là, le fait de se battre contre une cause perdue d'avance lui donne plus de poids. Parce que l'injustice est une ccause perdue. Il ne peut pas se marier, c'set un héros dans la plus pure valeur du romantisme. J'ai tout de suite vu l'humanité de ce personnage, derrière le dessin.
- Adapter toutes les BD en un film: Si on prend une BD pour faire un film de cinéma, le copier-coller ne sert à rien, il faut lui donner vie. Ils avaient fait écrire un scénario qui n'était pas terrible, une adaptation de BD. Quand on me l'a proposé, j'ai demandé de combien de BD on avait les droits. On m'a répondu « toutes », et j'ai chopé un grand sourire. Il fallait écrire une histoire qui ne soit pas une BD, sinon on trahit forcément l'album, et personne n'est content. je me suis en fait inspiré des westerns avec lesquels j'ai grandi. Une fois que j'avais la trame, j'ai pris le meilleur de toutes les BD, pour que quand on sorte du film, on ait l'impression de fermer la quatrième de couverture d'un album.
C'est un exercice compliqué. C'est la première fois que je travaille sur un film qui ne m'appartient pas dès le départ, mais qui appartient depuis toujours au spectateur. Je voulais apporter mon regard, sur cet univers, en somme faire une bonne adaptation. La question c'est jusqu'où peut on aller pour que les spectateurs du film ressortent avec le lucky luke qu'ils attendaient. Quand Anne Goscinny est sortie du film, elle m'a dit « mon père aurait été fier », et c'était aussi le plus important.
- Le respect du spectateur: Le cinéma est tellement cher... Oser dire aux gens de se déplacer, ça ne vaut la peine que si on se met à nu. On m'a toujours dit « ne fais pas ce film! »... Je savais qu'il fallait un acteur qui soit fort, qui soit capable de rendre ce rôle rrédible, avec ses vetements et couleurs qui ressemblent à la mire télé, et sa mèche ridicule. Et puis des acteurs français qui jouent des personnages américains... Pourtant on ne se pose pas la question, et c'est ça qui est au moins de gagné!
- Les dangers de l'adaptation: Les écueils c'est le fait qu'il ne fume plus, que ce soit le personnage principal d'un western, qui ne tue jamais personne... Et faire un cow-boy sexy sans clope, c'est un vrai pari! Le tout c'était de transformer les écueils en avantages.
- Explorer la mythologie du personnage: La chance du cinéma, c'est qu'on a l'image d'avant et l'image d'après, les flashbacks sont possibles... Et toutes ces choses différentes qu'on raconte, forment finalement un vrai tableau. L'importance c'est la patine, la vérité des matières, les costumes racontent aussi la vie des personnages. On a travaillé avec les matières de l'époque, on a ajouté l'usure des costumes, chaque détail des costumes raconte quelque chose.
- Le capital sympathie de Dujardin: On peut emmener Jean très très loin parce qu'il trimballe ses autres personnages, et une image sympa. Tout comme Cooper, Stewart et Cary Grant arrivaient avec leur bagage dans les rôles, et pouvaient aller toujours un peu plus loin.
Il n'est pas drôle en lui-même. Si vous lisez Lucky Luke, vous pourrez vous rendre compte que la comédie vient souvent des personnages alentours, lui n'est que témoin. Ce qui apporte peut-être un peu de frustration pour Jean, j'ai souvent du lui dire non. Non, il ne fait pas comme les autres qui dégainent et se marrent! Le comique de situation vient des autres, et c'est pour cela qu'il fallait que Jean soit tout en retenue.

19175345.jpgMorceaux choisis... Melvil Poupaud

- James Huth, réalisateur: J'ai adoré travailler avec James, j'ai été tout de suite à l'aise avec lui, alors que souvent je suis tendu aux essais. Là on avait l'impression de se connaître. Lui a su rester dans l'enfance, sans le surjouer. J'ai senti ça dès les essais, je ne me suis jamais senti idiot en jouant.
- Le jeu naturel... :Il faut être détendu, qu'on soit dans un jeu de film « sérieux » ou pas. C'est très importantd'avoir un môme pour pouvoir aller dans un jeu outrancier. Il y a eu le rôle de Speedracer, ou je me suis senti à l'aise pour faire l'imbécile ou l'idiot.
Jouer un acteur frustré, des dialogues comme être ou ne pas être, c'est improvisé, et ces dialogues un peu décalés, ça nous faisait rire! Devant les copains de ma fille, j'ai fait des spectacles, des guignoleries, c'est une façon de se lâcher, sans le regard des adultes qui te diesnt « il est ridicule »... Surtout que ce regard c'est surtout de l'envie, parce que lui ne se sent pas capable de faire tout ça.
- Les BD à l'origine... : Mon oncle, Jacques Richard, un réalisateur de talent, découpait les pages de Lucky Luke dans les journaux pour les recoller et en faire des albums. Ceux que j'ai relus ce sont ces objets, des trésors de famille. C'est de la culture... Mais je trouve que globalement faire un film pour enfants c'est compliqué, faire un film qui parle aux mômes, c'est un art. Ils se lassent très vite.
- Fumer le brin d'herbe... Dans le film c'est à la fois un hommage au western, mais il fume un brin d'herbe, c'est drôle pour  nous... Pourtant les mômes aussi rigolent, sans savoir pourquoi!
- Jesse James, le gangster de l'excès: Plus je surjouais, au plus j'étais dedans. Aux essais, James me disait « encore plus » et qui peut le plus peut le moins. Il est un peu schizophrène, Jessie James... C'est un bandit froid, mais qui peut se lâcher. Et au plus j'en faisais au plus j'étais à l'aise. Et puis on met le chapeau de cowboy, les santiags, le manteau, et 70 % du boulot est fait... Mais il faut tout de même être bien dirigé!
Ca tombe bien, le western m'a toujours intéressé, et j'ai une fille qui a pile l'âge de la cible. Et puis James m'a séduit, c'est un bon metteur-en-scène... Il y a même un côté personnel dans le film, je pense, ces relations parents-enfants, il fait passer plus, je pense.
- Des films pour enfants aussi: Ce n'est pas mon projet de vie, de faire des films pour enfants. j'ai fait juste après le film de Benoit Jacquot sur les Faux-Monnayeurs de Gide. Chaque rôle est un rôle de composition. Au plus on est dans la composition, au plus t'es bon. Parce que votre tête c'est clair. Au moins je joue en ma personne propre devant la caméra,  au plus c'est facile d'y être. J'avais avant ce réflexe du « rôle » de non-composition, mais j'ai évolué.

19133207.jpgMorceaux choisis... Jean Dujardin
- Le western, un rêve de gosse? On n'ose même pas rêver de ça! On y pense, et puis on se dit qu'un truc comme ça ne peut pas vous tomber dessus. Mais là on me donnait la possibilité, la permission, et la caution de faire un western. J'ai pas mis 3 secondes à me décider. Et puis Lucky Luke c'est moi. Je l'ai dessiné quand j'étais petit, je l'ai regardé, j'ai toujours aimé les cowboys. C'est un rêve de gosse qui vous arrive, et le faire avec James, c'est encore mieux. Même si tout le monde vous dit de ne pas le faire... Mais en France dès que vous décidez de faire quelque chose, on n'entend plus que des conneries sur pourquoi ne pas le faire. J'ai toujours eu le plaisir de me balader dans les genres, et j'aimerais encore plus le faire.

- L'autodérision du personnage:Si je ne reste que Lucky Luke, si je ne lui rajoute pas des conflits intérieurs, c'est pas intéressant! Bien sûr qu'il faut que je lui ajoute un peu de moi. Et puis on pouvait jouer avec les codes de ces westerns, il fallait mettre le paquet, jouer la charge héroïque. On adore ça, ce côté perdu, et puis le personnage qui l'intime de continuer, c'est comme Adrienne qui dit à Rocky « gaaaaaagne ». Je voulais le fragiliser, sinon on ne faisait pas le film. J'assume entièrement ces phrases toc... Qui ont été malheureusment balayées par une vague cynique..

- S'impliquer à l'écriture... C'est aussi pour être sûr de controler les choses, c'est à l'écriture que tout ça se passe. Moi, je propose. Après, c'est un travail de scénaristes. Et puis quand je prend du plaisir, je pense que ça se voit... Quand je m'emmerde aussi!

- Jouer, un truc de gosse? Tous les acteurs et les actrices ont une part d'enfance, qu'ils la montrent ou pas. Ou alors tu incarnes...C 'est bien aussi, mais il ne faut pas oublier de « jouer ».

- L'acteur "physique" du moment: C'est peut-être une question de physique, ca colle bien dans les films, parce que c'est un physique qu'on ne voyait plus. Il n'y avait pas d'acteurs dans cette veine là, mais je les accepte volontiers...

 

propos recueillis à Paris par Fadette Drouard

Commentaires

tu vois, j'ai tout lu. maintenant il faudrait que je revois le film et je vois mal andré y retourner.

Écrit par : haelewyn | 23 novembre 2009

Bonjour,
Eh ben ! Monsieur Morris et Monsieur Goscinny doivent se retourner dans leur tombe ! Quel NAVET ce film, mais quel navet !!!!!! VIOLENCES INUTILES (le massacre des parents de Lucky au début), mon enfant de 8 ans avait peur !l'histoire ni queue ni tête, Lucky amoureux c'est n'importe quoi vis à vis de la BD. Seule l'interprétation des acteurs sauvent le film d'un immense naufrage. J'avais qu'une impatience c'était de vite voir arriver le générique de fin. A quand un Lucky Luke cinéma proche de la BD ?
Bien amoicalement. Philippe

Écrit par : IMBERT | 27 novembre 2009

Les commentaires sont fermés.