09 décembre 2009

Rencontre avec Anthony Delon

19170750.jpgDans Mensch, de Steve Suissa il est l'ami fidèle du héros, Sam. Un sage à la croisée des chemins, et un beau rôle, qui lui va parfaitement...

Rencontre avec Anthony D. fils de, mais loin de se résumer à cela. Le nouveau Delon est arrivé... Et on aime.


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Qu'est-ce qui vous a plu dans le rôle qu'on vous proposait dans Mensch?
Le choix d'un film c'est d'abord le scénario... Mais c'est vrai que cette fois c'est différent, Steve (Suissa, le réalisateur), est mon ami, il m'a dirigé au théâtre. Et il a eu l'intelligence, pour son film, de choisir des comédiens qui se rapprochent des personnages.. Ces 3-4 dernières années, c'est comme si j'en avais pris 10, je me trouve proche de Tonio, qui est, lui aussi, à la croisée des chemins! C'est un personnage ancré dans le sol, dans la vie, à l'ancienne. Un solitaire, mais qui prend soin de ses amis.

Qu'est ce qui vous plait dans la direction d'acteurs de Steve Suissa?

Il ne dirige pas beaucoup les acteurs, mais il sait ce qu'il veut. On a beaucoup parlé du rôle en amont, j'ai pris du poids, 8 kilos! J'ai ralenti le vélo, parce que ca assèche, et puis je me suis mis une barbe à la Serpico.

Qu'est-ce que vous appelez la croisée des chemins?

Il y a 3 ans, j'ai senti que je tournais une page de ma vie, là, je rentre dans la seconde phase de ma vie. En 3 ans j'en ai pris 10, mais les accouchements se font toujours en douleur. C'est une nouvelle vie, une nouvelle peau, le bonheur vient avec.

C'est un film de famille...
La famille c'est important, la famille de sang, et celle qu'on crée autour de soi. On a l'intention de faire une trilogie de cette histoire, qu'on revienne aux bases de cette histoire, des amitiés entre les hommes.

ça dépend de la sortie?
La sortie c'est important, le nombre d'entrées... Il nous en faut assez pour tourner le 2, le 3, lui, est en ébauche. Je ne l'ai pas lu, mais je connais l'histoire. Si on ne fait pas de 2... je ferais autre chose. J'ai un projet de pièce avec Steve...

Vos références c'était?
Scorsese, Capra, james Gray... Et Melville, c'est l'essence même du polar...

Pourquoi ne joueriez vous pas le rôle du héros?
Il est trop jeune pour moi. Et puis il vit un parcours initiatique que je ne pourrais pas suivre. J'aurais du mal à jouer des rôles d'immatures, si j'ai l'impression d'être passé par là il y a trop longtemps, je me sentirais décalé. Maintenant mon rapport à la famille est différent, j'ai passé le cap supérieur, je n'ai plus de comptes à rendre depuis longtemps.

Depuis quand?
Pour ce qui est de ne plus avoir de comptes à rendre, j'ai passé le cap en force à 17 ans. Pour ce qui est de dépasser l'ombre du père, je l'ai fait bien plus tard, après la trentaine, entre 30 et 35 ans. Attention, il fallait que je dépasse l'ombre au niveau artistique, pas comme homme. Artistiquement il a fallu que je travaille à accepter ce que j'étais, ne plus être dans la projection. Il fallait accepter mes qualités, mes défauts, mes différences et mes ressemblances. J'ai toujours voulu m'en détacher, c'était une erreur, il faut l'assumer.
Au théâtre j'ai appris qu'un acteur est un acteur, partout. Il y a différentes manières de jouer, mais le plus grand plaisir créatif, c'est le théâtre.

c'est ce qui vous plait le plus?
C'est un peu égoïste, parce que je suis accro à l'adrénaline, et aux endorphines. Le cinéma et la télé, c'est un orgasme d'une minute trente, au théâtre, c'est une heure et demie! C'est balèse! Le rapport au public est différent, on est sans filet, on se jette dans l'arène. C'est une école fantastique, je m'y retrouve à plein.

Est-il plus simple d'exister malgré votre nom au théâtre?
Je ne me bats pas contre mon nom, mais contre les a priori des gens. On pense qu'un nom connu c'est une chance, ce n'est pas vrai. C'est une chance qu'on vous mette un pied à l'etrier, mais sur la selle d'un pur-sang qui veut vous jeter. C'est un cadeau empoisonné. Ce n'est pas ce que je voulais faire au début, mais c'est devenu mon métier, et aujourd'hui c'est vital, ma vie passe par la création.

Vous reviendriez à la télé?
La télé, j'ai arrêté il y a 3 ans, parce que je tournais en rond. Mais si demain on me propose un bel unitaire, j'irais, parce que je sais que ça m'apportera énormément. Canicule, c'était 7,2 millions de spectateurs, de gens chez qui on est rentrés. Ca m'a apporté la reconnaissance publique dont j'avais besoin. Artistiquement, c'est 60%, mais si on ne se remet pas en question, si on n'ajoute pas de cordes à son arc, c'est la routine qui s'installe. Et je n'ai pas choisi ce métier pour la routine.

 

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