24 février 2010

Les deux films à voir de la semaine!

19182073.jpgParce que je sais, bande de chenapans, que vous ne lisez pas toujours TOUTES mes critiques... Voilà deux critiques de ceux à voir ABSOLUMENT cette semaine, le Liberté de Tony Gatlif et Shutter Island!19151192.jpg


Shutter Island....

PEUR(S)

Scorsese nous enferme dans l'image

Mark Ruffalo et Leonardo DiCaprio mènent l'enquête dans une ambiance bien particulière... Attention, le film est interdit aux moins de 12ans! On attendait depuis longtemps le retour du grand maître du cinéma. Prévu pour octobre, repoussé pour des raisons marketing, « Shutter Island » est enfin en salles. Et ça fait du bien !

Les papys d'Hollywood, quand ils font de la résistance, la font bien. Dans le rayon maître, je voudrais Martin, 68 ans au compteur et des envolées de cinéma qui donnent envie de pousser le génie génétique. Car enfin, s'il n'est plus là pour nous montrer comment faire du cinéma, pourrions-nous survivre ?
Trêve de plaisanterie, force est de constater que quoi qu'il fasse, du concert filmé à la reconstitution historique, en passant ici par le thriller, sa caméra ne faiblit pas. Cette fois il nous emmène donc sur Shutter Island (littéralement l'île de l'enfermement), pour une enquête en compagnie de Teddy Daniels. Le Marshal est à la recherche d'une patiente de cet institut psychiatrique pour grands criminels qui a disparu pendant la nuit.


Mais très vite, on comprend que l'île cache plus qu'un simple asile et qu'elle veut dire autre chose encore pour le marshal. Quoi ? Nous vous laisserons le soin de le découvrir.

Jeux de rôles...

Sachez seulement que Scorsese est diablement intelligent, et que, comme dans les meilleurs films d'Hitchcock, sa camera distille les indices, de façon presque subliminale, sans pour autant chercher a nous tromper. Certes, c'est une enquête, mais tout se joue au-delà des mots, au-delà des simples images. Et Scorsese de jouer avec nos psychismes comme les psychiatres de l'île avec celui de notre héros. Un héros trouble et troublé d'ailleurs, qui porte un « trauma » datant de la guerre et de sa participation à la libération de Dachau. Un héros impeccablement joué par Leonardo DiCaprio, ce qui devient presque une habitude. Il est juste, n'en fait pas trop, à l'aulne d'un casting au cordeau, presque à l'inverse des films policiers habituels.
C'est qu'une carrière de cinéma, ça ne s'invente pas, et si Martin Scorsese parvient encore et toujours à nous étonner, quel que soit le genre qu'il choisit d'aborder, c'est qu'il est aussi un cinéphile qui connaît les codes et aime les pervertir. Ce n'est pas nous qui nous en plaindrons, si cela donne à chaque fois ce genre de films diablement intelligents, qui ne s'arrêtent pas aux clichés... De vrais bonheurs de spectateurs !

 

 

Liberté

 

Un déchirant chant de « Liberté »

Taloche, l'âme tzigane personnifiée par James Thiérée. Il partage l'affiche avec de vrais gitans mais aussi Marc Lavoine et Marie-Josée Croze. Photo DR Taloche, l'âme tzigane personnifiée par James Thiérée. Il partage l'affiche avec de vrais gitans mais aussi Marc Lavoine et Marie-Josée Croze. Photo DR

Déchirant, certes, parce qu'il parle de déportation. Mais aussi foncièrement enthousiasmant et porteur d'espoir. Des contradictions qui ne font pas peur aux grands artistes : Tony Gatlif le prouve avec son dernier film.

 

Ça commence comme tous les films sur la déportation, ou presque. Avec un plan sur des camps, barbelés au premier plan. Et puis la « patte » de Tony Gatlif se pose sur l'image. Et les barbelés vibrent sous le vent, produisant une mélodie... Tout le film est là, ou presque. Une histoire dure, une légèreté salvatrice et une envie de liberté plus forte que tout, au-delà, même, des barbelés.
L'histoire de Liberté, c'est celle de 250.000 à 500.000 Tziganes, gitans, roms, déportés par les nazis, exterminés. Une histoire que le réalisateur de Je suis né d'une cigogne, Exils et autres Gadjo Dilo s'attache à faire connaître au plus grand nombre.



Coeur Rom
Il est sûrement l'une des personnes au monde qui connaît le mieux ce peuple, qui le comprend et qui parvient, du coup, à nous y intégrer en quelques images. Cette fois, il s'attache aux pas d'une famille, dans la campagne française. Les Tsiganes sont là pour les vendanges. Mais leur position hors du monde les a rendus imperméables à ce qui se passe dans la société française : l'occupation, les rafles... Et de nouvelles lois, qui les empêchent de reprendre la route, contraignant leur nature profonde, leur vie faite de liberté. C'est dans un petit village qu'ils se retrouvent. Le maire, Théodore, profondément humaniste, ne demande qu'à les aider, tout comme l'institutrice, Mademoiselle Lundi. Mais outre les animosités et les préjugés des gens du village, ils devront faire face aux contrôles de police et aux persécutions étatiques... Jusqu'à se faire hors la loi, et reprendre la route ?
La petite histoire pour évoquer la grande. Tony Gatlif est un remarquable conteur, un metteur en scène hors pair et un directeur d'acteurs sans pareille. Et il ne dément pas son talent avec Liberté. Il soigne d'abord son scénario, jouant parfaitement la carte de l'empathie, sans le pathos.
Sa mise en scène, s'appuyant sur l'ironie et la beauté des paysages qui l'entourent, appuie la fluidité de l'ensemble.

L'énergie du désespoir
Et il utilise à merveille la formidable énergie de ses acteurs. Des roms, surtout, castés et dirigés au plus juste, des plus jeunes aux plus vieux.
Et puis il y a le talent de son acteur principal, qui irradie, à en faire pâlir de jalousie les plus charismatiques de nos acteurs. Il s'appelle James Thiérée et doit en avoir marre qu'on l'appelle « petit-fils de Charlie Chaplin ». C'est que dans la catégorie transformation et maîtrise du corps, il se pose là, loin de renier son héritage. Il le transcende. Il incarne. Il est Taloche, gitan aux joies et aux peurs d'enfant, « l'âme du peuple tsigane » comme le qualifie Tony Gatlif. Un doux dingue, hyper-attachant. Un personnage qui est le corps de cette histoire et qui en arrive même presque à éclipser la musique, pourtant souvent omniprésente chez Gatlif. Il est effectivement l'âme des tziganes, lumineux et libre, une musique à lui tout seul. Et notre porte d'entrée dans un monde qu'on n'a, finalement, plus envie de quitter.

 

Maintenant, vous savez ce qui vous reste à faire!
Fadette

Commentaires

SHUTTER ISLAND WWWWAAAAAHHHH OOOUUUUUHHH !!!!
Livre EX-TRA que g dévoré cet été en une journée, fin absolument????????? Incompréhensible! D'ailleurs, si qqun peut éclairer mes lanternes ^^
Donc HATE d'aller voir cette adaptation !
MERCI Fadette pour les infos..

Écrit par : nini | 24 février 2010

Martin Scorsese nous étonnera toujours grâce à ces apparitions quasi habituelles et discrètes, et puis il ne faut quand même pas oublier qu'il a offert à Jodie Foster, Sharon Stone, Michelle Pfeiffer ou encore Liza Minnelli ces personnages les plus marquants.

Écrit par : Bonus TitanBet | 02 mars 2010

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