04 novembre 2010

Quand la Petite Fadette se fait plaisir dans ses rencontres...

duris.jpgQuand on va rencontrer romain duris, le plaisir est double... Parce qu'on sait qu'on va le retrouver tout sourire, avec des éclats de rire aussi charmeurs que communicatifs. Et puis on se prépare aussi a rencontrer un acteur intense, qui n'a plus rien a prouver, mais continue pourtant a se lancer de beaux défis...


Morceaux d'une rencontre bien sympathique a l'occasion d'un passage a Lille pour l'homme qui voulait vivre sa vie.. Une interview improvisée autour d'un repas, vite oublié malgré la qualité! Romain Duris.

 

Ce rôle c'est celui qui tient le film sur Sur ses épaules, un défi? Un stress?

J’aime bien les défis, c’est plutôt un moteur. J’étais un peu impressionné par le personnage, et c’est tant mieux, sinon ça ne sert à rien.


En l'occurrence le travail se concentrait sur?

Le défi c’était qu’on ait envie de le suivre, il fallait d’abord un faire un mec, certes enfermé, mais surtout un peu original, pas un simple petit con d’avocat. Il fallait lui donner de la magie, pour que sa transformation soit aussi crédible. Et puis le suivre jusqu’à la fin, même pendant sa fuite. Il fallait que ce soit un mec auquel tout le monde peut s’identifier, sans tomber dans le salaud, ni le pauvre innocent. Le fait qu’il se permette quelques moments heureux, qu’il paye un prix fort à sa fuite… Il ne fallait pas non plus tomber dans le mec en cavale, apeuré tout le temps.


Ça se prépare ça?

J’ai eu la chance de tourner dans l’ordre chronologique, tout du coup se passe dans l’inconscient, en fait on ne fait que réagir chaque jour
à ce qu’on nous met en face. Ce n’est pas un personnage passif, c’est un homme qui est sans cesse mis en face de choix différents, il est
dans l’action.

Et donc?

Mon travail consiste à le mettre en place, à me faire traverses de plein de choses, à m’ouvrir à ce que l’on me renvoie.


Vous êtes plutôt actor's studio ou impro?

Je n’ai pas beaucoup de méthode, et parfois j’en souffre. Parce que je n’ai pas du coup de règle pour me rassurer, pour passer outre le trac,
de plus en plus fort. Mais le jour où je n’aurais plus le trac, je pense que ce sera grave, je n’ai pas envie de me construire une bulle
de confort.


Quant au roman, vous l'avez lu et relu?

J’ai utilisé le livre comme une base de donnée riche, même si nous avons transposé l’histoire en Europe. Ses questionnements, son éducation, j’ai tout pioché dans le livre, et si j’avais besoin de concret je me suis appuyée sur Paris.


Pas forcement évident dans la continuité?

Je n’ai jamais pensé, en mettant en place la première partie, qu’il y aurait une suite dramatique. C’est pendant le tournage que je m’ouvre.
C’est assez dingue d’ailleurs, comme d’un coup tout ce qu’on a mis en place se met à vivre, ça réfléchit, ça bouillonne, on n’en dort pas de
la nuit. Il y a 3000 idées qui arrivent…


Vous regardez les combos ou vous vous laissez entièrement diriger?

Je ne fais pas toujours confiance au réalisateur. Mais là oui, parce que je sentais qu’il ne lâchait rien. J’écoute beaucoup, bien sûr, parce que c’est lui qui nous dirige, mais je revendique le droit de me faire plaisir. C’est un travail à deux. Un mec qui fait ça tout seul, je ne donne pas cher de sa peau. Ce que j’aime, c’est qu’un mec en face ait un autre avis, duquel on peut s’inspirer.


Que un premier rôle c'es fondamental...

Un premier rôle ce n’est pas plus de stress… Mais c’est une place privilégiée, quand on travaille avec des grands réalisateurs. Audiard,
Klapisch, Gatlif… On accompagne leur il, et c’est beaucoup moins batard comme place qu’un second rôle.

On vous retrouve dans un rôle dramatique... Après le succès de l'arnacoeur...

La comédie pour moi c’est une page qui s’ouvre. Je les aime comme pour les drames, quand le personnage a de l’épaisseur. Mais c’est nouveau, et je suis parfois étonné de ce qu’on me propose !


C'est un travail différent?

Le travail c’est le même. Quoique pour l’Arnacoeur j’ai travaillé encore plus. J’ai analysé les scènes, parlé avec le réalisateur, je n’ai pas lâché l’affaire. C’est vraiment le même travail. Après, forcément, l’ambiance est un peu plus légère sur le plateau…


Et le plaisir?

C’est le même plaisir à jouer. C’est assez dingue d’ailleurs. Ca n’a pas le même goût, de jouer une scène enlevée, légère, ou un drame
psychologique comme dans Persécution, mais c’est dingue, le plaisir est le même, il a la même force dans les deux cas. Je suis fort de ce moteur là, je ne considère jamais mon métier comme acquis, je ne ressens pas les limites du jeu.


Pourquoi c'est important de faire du cinéma aujourd'hui?

Les gens ont besoin de rêver ! Vous avez vu la merde dans laquelle on vit ? Si on nous enlève le ciné, la peinture, la musique… Moi en tous
cas, je suis mort. Ca ne m’intéresse pas de vivre dans ces conditions. L’Art, c’est vital. C’est ma façon d’exister, d’être passionné par la
musique, la peinture, le cinéma…



C’est quoi l’art ?

Le cinéma, ça restera de l’art, on peut appeler ça de l’art, même si ça m’impressionne… J’ai l’impression de ne pas être assez organisé
pour être artiste. Je suis allé voir la rétro Basquiat… Ca oui, c’est de l’art. Mais être acteur… Je ne sais pas si c’est être artiste. Il
ne faut pas se prendre trop au sérieux non plus !


Vos projets?

Je vais jouer au théâtre avec Chéreau, au Louvre, dans un mois. Puis au théâtre de l’Atelier. Une pièce de Koltès : la nuit avant les
forêts. C’est un monologue. Et c’est captivant, parce que ce n’est jamais pareil, ce n’est jamais gagné au théâtre. C’est 1h30 où je
parle, et où je dois capter l’attention des gens. Ca me plait, de toujours recréer, de toujours rafraîchir les sentiments, les mots,
l’émotion. C’est hallucinant comme sensation. On a moins ça dans le cinéma, cette magie de l’instant… Et puis il n’y a pas d’imitation
possible au théâtre, si on ne fait pas l’effort, ça ne marche pas.


Chereau au theatre, après Audiard, Gatlif au cinéma... Vous savez choisir vos metteurs en scene!

Chéreau est intense… Et c’est ce que je veux maintenant. Les autres scénarios que je lis, à côté, n’ont pas ça… Ca ne va pas. Je ne veux
que la crème (rire tonitruant)

Commentaires

Fadette.. Je vous adore d'avoir fait cette interview... Et je vous déteste d'avoir parlé à l'homme de ma viiiiiiiiiiie! ;)
Vive Romain que j'ai adoré dans l'Arnacoeur, et que j'irais découvrir dans ce nvo film à Halluin dans 15 jrs!
Dis donc, faut revenir plus souvent sur ce joli blog, hein, alors???

Écrit par : nini | 06 novembre 2010

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