19 mai 2011

On se calme et on boit frais à Cannes... Et on oublie Lars...

lars von trier,cannes,festival,bannissement,persona non grataVues de Cannes, en pleine course aux projections, les polémiques sont toutes petites. Mais puisqu'on me dit qu'on cause beaucoup de la "polémique" Lars Von Trier...


lars von trier,cannes,festival,bannissement,persona non grataBon alors.

Reprenons. Mercredi. 11h. Conférence de presse de Melancholia. Lars Von Trier, Charlotte Gainsbourg, Kirsten Dunst et le reste du casting, ou presque, se plient au questions-réponses avec les journalistes. On savait déjà que Lars était en grande forme, lui qui s'était écrit "FUCK" au marqueur sur le poing pour mieux le tendre vers les objectifs lors du photocall.

Et puis? Une grosse demi-heure de pas de réponses, ou presque. Des réponses à côté, des délires du réalisateur, qui semblait prendre un malin plaisir à mettre mal à l'aise Kirsten Dunst, la remerciant, par exemple, d'être d'une "santé mentale fragile" qui lui permette de suivre le rôle, etc...

Et puis vient la dernière question d'une journaliste sur les propos du réalisateur à un journal danois à propos de l'art du IIIe Reich. Et la blague -vaseuse certes- de trop. Je ne reprendrais pas ici ses propos, mais globalement, il s'est empétré lui-même dans ses mots, jusqu'à avouer au milieu de ce qu'on a coupé de cette conférence de presse "je ne sais pas comment je vais me sortir de cette phrase". Le tout avant de finir sur un éclat embarassé "je suis un nazi".

Bon alors.

Certes, c'est vaseux, de mauvais goût, pas le moment, tout ce qu'on veut.

Mais la faute est autant du côté de Lars Von Trier que de celui des journalistes. Ceux qui ont repris cette phrase hors contexte, ne parvenant pas à traduire sur papier à la fois la tentative de blague et l'embarras du réalisateur. Ceux, enfin, qui se sont engouffrés dans la brêche de la polémique, prenant pour argent comptant des propos qu'ils n'avaient pas entendus, ou qu'il n'ont pas pris la peine d'aller revoir en vidéo.

Oui, parce que le lien ci-dessous mène droit à la demi-heure de conférence de presse, histoire de ne pas être biaisé.

http://www.festival-cannes.fr/fr/mediaPlayer/11391.html

C'est donc trop demander aux journalistes que de contextualiser, remettre en perspective... Moi qui croyais que c'était là notre métier. Plus sérieusement en ces temps de manipulation des images et de circulation de l'information à vitesse grand "v", le manque de recul des journalistes, qui ont tout pris au premier degré, me ferait même un peu peur.

Et le pompon? L'incursion dans tout cela d'un ministre à côté de la plaque et un conseil d'administration extraordinaire qui bannit Lars Von Trier de Cannes (mais y garde son film?)

Bon alors.

Qu'est-ce qu'on fait? On bannit tous ceux qui sur un coup de folie (ou d'autre chose, mais à ce que je sache il ne doit pas être le seul) font de trèèès mauvaise blagues? Et même s'ils s'excusent? Oui, parce que Lars s'est fendu d'un communiqué d'excuses à la demande des organisateurs avant même toute cette procédure...

Enfin, moi, je dis ça, je dis rien... Je demande... Parce que j'en connais pas mal...

Enfin, comme dirait quelqu'un que j'aime beaucoup et que ce genre de chose aurait fait rire-ou pleurer- j'imagine: étonnant, non?

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