03 juin 2011

Mais qu'est ce qu'on va voir? Un chat, un rabbin, des mutants?

le-chat-du-rabbin-fretille-enfin,M23176.jpgOn me dit que je vous délaisse, qu'il faudrait, tout de même, que je vous guide un peu mieux... Alors voilà ce que je vous propose pour ce week-end. Je sais, il fait beau, mais rappelez-vous, quand vous aurez grillé autour de votre énième barbecue, que les salles de cinéma... Elles sont climatisées!


Alors voilà ce que je vous propose d'aller voir, ce week-end ou un peu plus tard... Quelques critiques pour vous guider!

Le chat du rabbin: Le philosophe aux pattes de velours

Les nouvelles facultés du chat, punitions d'un crime commis sur perroquet, vont faire voler en éclat la sérénité de la demeure Sfar.

Avec l'adaptation de sa propre bande dessinée, Joann Sfar signe un deuxième film plutôt réussi. Entre raisonnements par l'absurde, vérités évidentes et humour féroce, ce « chat du rabbin » voltairien séduit, quel que soit votre âge...

C'est ce qui s'appelle la transmission de la parole... Dans l'Alger des années 20, le rabbin Sfar a des soucis. Son chat a mangé son perroquet et s'est mis à parler. Ennuyeux, voilà qui est censé être le propre de l'homme. Très ennuyeux quand le rabbin se rend compte qu'un nombre incalculable de mensonges sort de la gueule du félin. Lui n'a qu'un seul but : rester près de la fille du rabbin, sa maîtresse, qu'il aime follement. Le rabbin voudrait l'éloigner, mais le chat négocie : s'il fait sa bar mitsva, il sera un « bon juif » et pourra rester auprès de Zlabya.

Folle équipe et équipée folle

Voilà donc le début des aventures absurdes - ou presque - du rabbin Sfar et de son chat. Des aventures qui vont les emmener à la rencontre d'un peintre russe en quête d'une Jérusalem originelle, d'un ancien soldat du tsar... Des aventures qui vont voir le chat parler, se taire, apprendre, pour en venir à une conclusion : tous bêtes ! Il n'y en a pas un qui trouve grâce à ses yeux, et il prend un malin plaisir à pointer leurs erreurs, errements et contradictions. De quoi en agacer quelques-uns, de quoi nous faire, tous, beaucoup rire.
Pour son second film, après Gainsbourg, vie héroïque, mais dont le tournage a commencé avant (il faut suivre), Joann Sfar adapte donc une de ses BD les plus cotées. Le chat du rabbin, ce sont 5 tomes cultes, parus entre 2002 et 2006. Les propositions d'adaptation ?
L'auteur les avait toutes refusées, préférant s'engager pleinement dans son film. Au vu du résultat, on ne peut qu'approuver.
Il y a, d'abord, le dessin. Version BD, le crayon de Sfar est tortueux, loin de la ligne claire. Pour éviter que le film ne provoque des ruées vers les anti-migraineux, il a été un peu lissé. Avec deux buts : faire de l'animation avec les techniques « live » et jouer sur une 3D à « relief d'oeil humain ».
Le tout donne une image particulière, qui mêle ultraréalisme et fantaisie avec bonheur. Pour un film avec un chat qui parle, ça paraît presque évident.

Le fond et la forme
Ce qui l'est moins, c'est justement de lui donner une voix crédible, à ce malicieux félin. C'est François Morel qui prête au film sa finesse et son humour sûr. Il est d'ailleurs particulièrement bien entouré de Maurice Bénichou, Hafsia Herzi ou encore Mathieu Amalric. Joann Sfar prouve une fois encore l'importante d'un casting soigné de voix. Sur la forme donc, rien à redire. Soigné, étonnant avec ses changements d'ambiance - et parfois même de style - le film séduit.
Sur le fond ? On aime encore. Entre impertinence et un soupçon de provocation, tout le monde en prend pour son grade. Joann Sfar prouve que toutes les vérités sont bonnes à dire, si c'est fait avec humour et talent. Un rien espiègle, touchant et furieusement drôle, une leçon de vie qui n'en prend pas les grands airs et ne cherche pas à convaincre, juste à éveiller. Salutaire.

 

Pirates... Histoire de vraiment, ne pas réfléchir...

Pirates à l'assaut des salles obscures !

Johnny Depp, Penelope Cruz et Rob Marshall, le réalisateur du quatrième volet, lors de la montée des marches hier, à Cannes.Photo AFP

Difficile de trouver plus blockbuster. La saga Pirates des Caraïbes, c'est 2,7 milliards de dollars de recettes de par le monde et trois films qui font la part belle au personnage inventé par Johnny Depp, Jack Sparrow. Un succès que même Disney n'avait pas prévu : les patrons du studio avaient même envisagé de virer Depp, déroutés par son interprétation d'un pirate maquillé, semblant ivre la plupart du temps et prompt aux blagues de mauvais goût.


Quatre Jack sinon rien
Les désaccords sont aujourd'hui de l'histoire ancienne (c'est fou comme les billets verts peuvent faire oublier ce genre de broutilles) et après une trilogie qui tournait autour du trio Johnny Depp-Keira Knightley-Orlando Bloom, place au nouveau volet. Un quatrième opus qui nous emmène donc, comme le titre anglais le prédit « sur d'étranges marées », à la recherche de la Fontaine de jouvence (ça, c'est le titre français qui l'annonce). Cette fois pourtant, ce n'est pas Jack qui mène la barque, ou le voilier, ce sont Barbe-Noire et sa fille, la troublante Angelica. Embarqué de force, Sparrow se trouve mêlé à la quête du capitaine du Queen Anne's Revenge de cette eau de vie, mais il ne sait pas vraiment s'il doit craindre le légendaire barbu plus que la trop belle demoiselle qu'il a apparemment très bien connue dans le passé.

Plaisir léger
Voilà donc une drôle d'aventure qui s'annonce avec, cette fois, en guest-stars des sirènes en général et une petite Français en particulier, Astrid Berges-Frisbey, la fille du puisatier Daniel Auteuil.
Et à part une Frenchie en queue de poisson, que trouve-t-on donc dans ce quatrième opus ? Des effets spéciaux soignés, une caméra signée Rob Marshall qui fait la part belle aux personnages et à leurs véritables « chorégraphies » de combat. Sans oublier des stars donc.
Un Johnny Depp impeccable qui semble toujours s'amuser avec son Sparrow, face à la volcanique - et sculpturale - Penelope Cruz. Entre les deux, un charme évident, une étincelle qui fait encore le plaisir de ce Pirates des Caraïbes. Certes, il ne faudra pas chercher la vraisemblance ni un scénario à surprises. Mais finalement, on retrouve cette équipe avec un plaisir non feint, entre le divertissement et le grand spectacle. C'est bien fait, assez drôle et inventif et, parfois, ça suffit.

 

 

Et je vous promets encore pleiiiin de critiques, pendant tout l'été... Pour pouvoir mettre vos neurones au frais!

 

11:16 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (0)

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