21 janvier 2013

Django Unchained : enthousiaste liberté

L'histoire commence dans le sud des États-Unis, avec une ligne d'esclaves enchaînés qui traversent les magnifiques paysages du coin. Ce sur quoi arrive un dentiste... Il ne sera pas dit que le nouveau film de Tarantino est prévisible...


Le dentiste c'est donc le Dr King Schultz. Un Allemand, qui s'avère être finalement plus intéressé par les primes que par les caries. Car à l'époque du « mort ou vif », un cadavre de bandit peut rapporter gros. Sauf que le docteur a un souci : ses prochaines proies, les frères Brittle, il ne les connaît pas. Heureusement, il a aussi une solution toute trouvée : Django, esclave de son état, les connaît, lui. Le marché est simple. Django aide Schultz à trouver les Brittle et il sera libre. Sauf que Django a une autre priorité : il veut retrouver sa femme, Broomhilda, dont il a été séparé de force. Alors que leur traque des Brittle prend fin, Schultz décide d'aider Django... Et ils prennent la route pour une autre plantation, celle du puissant Calvin Candie qui n'a de doux et de sucré que le nom. Arrivés dans la plantation, ils doivent la jouer fine, sans éveiller plus avant les soupçons de Stephen, le vieil esclave qui sert Candie depuis des années et qui voit leur duo d'un mauvais oeil.

Bienvenue dans le monde de Tarantino et de son western. Un monde où les méchants sont très méchants. Les gentils prêts à quelques concessions. Et les flingues prompts à être dégainés. Un monde où les femmes valent bien un massacre. Où elles sont fortes et déterminées, au moins autant que leurs hommes. Le western, c'est un peu la pierre angulaire de l'oeuvre de Tarantino, qui voue un culte immodéré aux films du genre, même - voire surtout - les plus incongrus. Un genre qu'il n'a donc de cesse de mettre en scène. Et cette fois il choisit donc les années qui précèdent la guerre de Sécession pour jouer des flingues et de la caméra. Des années noires pour les États-Unis, des années où l'esclavage bat son plein, qu'on a de la peine à imaginer encore aujourd'hui, quelque peu heurtés par la barbarie ambiante. Mais il faut avouer que c'est un parfait fond pour une histoire de vengeance, d'amour et de poudre. Un fond qui lui permet un humour particulièrement noir et des personnages hauts en couleur. Parmi eux citons donc un quatuor de tête.

Le duo Django-Schultz, bien sûr, avec un impeccable Jamie Foxx et un primesautier Christoph Waltz pour les incarner. Un duo qui explose à l'écran. Mais puisqu'on n'est jamais aussi marqué que par les méchants, le duo Candie-Stephen remporte tous les suffrages. Avec en tête un Leonardo Di Caprio époustouflant, Janus impassible qui n'est jamais aussi terrifiant que lorsqu'il laisse voir son premier visage, doux et avenant, qui ne cache qu'à peine ce que l'on devine de monstrueux chez lui... Étonnant, certes un peu long, mais surtout réjouissant, le nouvel opus de Quentin Tarantino nous enthousiasme.

Parce qu'il aime filmer, parce qu'il sait filmer, parce qu'il y a là du bon cinéma, de celui qui brûle la rétine, reste dans les mémoires. De celui qui fait jubiler ses acteurs, jusqu'à ce que leur plaisir et celui de leur metteur en scène traverse la lumière pour nous emmener dans un beau voyage. De celui qui nous fait et nous fera toujours aimer le 7ème art. 

Fadette Drouard

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