08 juillet 2008

Cannes, jour 8

Par Fadette, mercredi 21 mai 2008 à 17:55 ::
Sur un air de Michel Fuguain...

Je n'aurais pas le temps... Pas le temps de vous raconter la folie de ces derniers jours de festival, de vous dire à quel point le film de Jennifer Lynch prouve qu'elle est bien la fille de son père, avec un curieux mélange de Tarantino. Pas le temps de vous raconter comment les Ch'tis de Dany Boon montent les marches en ce moment même, avant de s'éclipser du palais pour aller faire leur promo sur Canal plus. Pas le temps non plus de faire des commentaires sur le costume blanc de Stephane Freiss, au milieu d'une équipe très "classique chic". Pas le temps de vous raconter comment c'est à la demande du festival, histoire de réconcilier Cannes et le succès populaire peut-être, que les Ch'tis sont là ce soir. Et pourquoi me direz-vous, n'ai-je point le temps? Parce que le Che m'attend. Et que le Che en prend, lui, du temps. Beaucoup de temps, 4h28... Alors il ne me reste qu'à aller me mettre dans la file d'attente, espérant simplement pouvoir trouver sur mon chemin de quoi grignoter à l'entracte. Et demain alors? Demain je vous raconte tout, promis, du second film français en compétition à l'organisation des villages internationaux. Aurez-vous assez d'indulgence pour me pardonner? Je suis sûre que oui chers lecteurs, même si certaines (n'est ce pas Camille) doutent de ce blog! A demain!


Commentaires

1. Le mercredi 21 mai 2008 à 18:00, par nini

tout ce que j'ai dit n'était que pure jalousie et persiflage immonde.. nous attendons tous votre montée des marches avec une impatience qui nous mène à la défaillance!! je m'en vais manger mon canapé de désespoir du coup. ps: au fait, amusez vous bien, quand même!

2. Le jeudi 22 mai 2008 à 10:50, par manulelillois

Si j'ai bien compris, Cannes est à l'heure Ch'ti, donc... Bienvenue "Che" les Ch'tis, alors... La bande à Dany était sur le plateau de Denisot hier et notre Dany avait l'air un peu pompette ! Bon, c'est Cannes, je sais. On connaît le titre du remake américain produit par Will Smith : WELCOME TO THE STICKS (Bienvenue dans la cambrousse). A savoir si notre Dany national aura un ch'ti rôle ???

Fadette, bon festival, Hasta Siempre, viva la Révolutzion... et Revin at' baraque !!!

Cannes, le sixième jour : Nord éclair, les fêtes et les buzz du jour

Par Fadette, lundi 19 mai 2008 à 19:20 ::



Et voilà, la moitié du festival est derrière nous, ou est-ce que la moitié serait devant nous?

Eh bien, on dirait que Nord éclair porte chance! Le chouchou des critiques, français, c'est Un Conte de Noël. Le roubaisien Desplechin et son dernier film, je vous en ai déjà parlé en long, en large et en travers (voir le post de vendredi dernier)... Et vous devez attendre encore 2 jours pour pouvoir vérifier que vous me faites encore confiance! Je mesure à quel point cela doit être difficile, et ne me dites pas que tout ce que vous attendez c'est de pouvoir aller voir Indiana Jones et non de me lire!

Jusque là, tout va bien, enfin presque... Ce qui a changé depuis le début c'est que quelques uns sont bien usés par les fêtes, et les places se font plus nombreuses aux séances!

Tiens, les fêtes, je ne vous en ai pas encore parlé... C'est que mon expérience est limitée, c'est que je suis là pour bosser, croyez le ou non (oui oui, quelques uns sont visés), et faire la fête toute la nuit est un tantinet incompatible avec le fait d'être aux projections de 8h30, du moins assez réveillée pour comprendre ce qui se passe à l'écran.

Dans les fêtes cannoises, qui se tiennent dans les villas des hauteurs ou sur différentes plages privées, on sert du champagne, et des sushis... C'est pus hype. Hype aussi la « piscine », pas une référence au musée roubaisien, mais un verre de champagne, avec des glaçons. Moi, vu le champagne j'appelle ça un crime, mais bon, on ne discute pas le hype!

Dans les soirées on croise donc les stars, en particulier quand on fréquente la soirée Europa Corp (la société de Luc Besson), et quelques starlettes, qui partagent visiblement le même coiffeur, spécialiste dans la « crinière de lionne ». Ce n'est pas de la jalousie, je vous assure... Mais il est assez drôle de les voir s'étioler en grappes le long de la piste de danse, très occupées à secouer leur chevelure et à éviter les serveurs qui amènent les petits fours, au cas où elles devraient avouer qu'elles ne mangent pas (à tort, les traiteurs cannois sont doués!)

Rien de bien étonnant, rien de vraiment terrible, et franchement, je m'en serais voulue de manquer Le Silence de Lorna pour ça.

Heureusement, il n'en fut rien.

Le Silence de Lorna c'est le nouveau film des frères Dardenne, présenté en compétition cette année.

Le moins que l'on puisse dire c'est que les frères Jean-Pierre et Luc Dardenne ne se trimballent pas une réputation de réalisateurs franchement guillerets. De Rosetta à l'Enfant, en passant par Le fils et la Promesse, leurs films décrivent toujours des milieux pauvres, des histoires tragiques. Ce Silence de Lorna ne fera pas exception à la règle...

Lorna est une jeune réfugiée albanaise. Pour fuir son pays elle a accepté d'épouser Claudy, toxicomane, sur les entremises de Fabio, chauffeur de taxi qui fait dans les mariages blancs pour arrondir ses fins de mois. A charge de revanche puisqu'une fois obtenue la nationalité belge, Lorna devra épouser un russe. Tout cela elle l'accepte, parce qu'avec son amoureux, Sokol, elle veut ouvrir un snack à Liège. Le hic c'est quand elle commence à réaliser que pour que ce deuxième mariage arrangé se fasse au plus vite Fabio a prévu de tuer Claudy. Lorna pourra t-elle se taire? S'enfermer plus avant dans le secret et la solitude?

« Ce qui nous a intéressés, commente Jean-Pierre Dardenne, c'est cette histoire d'être humains qui viennent d'ailleurs, et qui son prêts à tout accepter pour obtenir ce qu'ils pensent être leur part de bonheur. Lorna est un être humain, en tant que telle elle a une part d'ombre, de contradictions, ce qui va avec son silence, que, moi, je trouve très beau ». L'occasion aussi pour les frères belges de poser leur caméra, réputée très mobile (parfois trop mobile dit-on). Face à une histoire complexe, très dure, ils se mettent à l'observation plutôt qu'à la participation. « On a opté pour une caméra beaucoup plus calme parce qu'on voulait regarder Lorna. Et pour mieux regarder cette femme et les 4 hommes qui l'entourent, il ne fallait pas bouger avec elle, mais enregistrer plus qu'écrire avec notre caméra » ajoute Luc.

Une méthode qui paie vite ses fruits : le spectateur s'attache à Lorna, cette femme loin des stéréotypes, mystérieuse et inquiétante. Les Dardenne recréent ainsi un monde qui n'a pas manqué d'étonner les festivaliers peu habitués à leurs œuvres. Ainsi pendant la conférence de presse un journaliste espagnol s'est étonné: « voilà longtemps que je ne suis pas allé en Belgique, mais j'ai l'impression que ces cafés, cet environnement que vous montrez, est très travaillé, pour lui donner un aspect vieillot ». Rires puis réponse de Luc Dardenne: « Mais on a tourné sans rien modifier des lieux où on était! C'est notre pays qui a, naturellement, ces bistrot qui peuvent paraître datés, je ne vais pas dire d'un siècle, mais d'un demi siècle. Nous n'avons pas tourné au même endroit que d'habitude. Seraing était trop calme, nous nous sommes déplacé à Liège, parce qu'il y a plus de monde dans les rues, c'était moins désert. » Une saillie qui détend l'atmosphère après un film grave, sur un sujet qui n'a pas manqué non plus d'amener les questions. « Les gouvernements ne trouvent pas de solution aux problème de l'immigration. En Belgique un projet devrait bientôt être proposé qui instaure le cas par cas. Nous on aimerait que cette régularisation puisse dépasser le cas par cas, prendre en considération le regroupement familial, ou la scolarisation des enfants. ».

Un beau film, au sujet polémique, par des réalisateurs qui n'ont pas peur de parler politique, voilà qui devrait plaire à Sean Penn... Mais demain la compétition s'intensifie avec la présentation du Clint Eastwood, avec Angelina Jolie, l'Echange, et là encore le buzz est faramineux...

Gros buzz aussi, spécial nordiste : les ch'tis de Dany Boon monteront les marches mercredi, à la demande du festival... Pas de fête pour eux ensuite, pour des raisons pratiques d'horaires? C'est qu'ils vont voir le Che de Soderbergh, qui ne fait rien que 4h28!

buzz de dernière minute: Gilles Gabriel vient de monter les marches. Gilles Gabriel, vous ne savez pas qui c'est? L'incroyable interprète de Flou de toi! (http://www.myspace.com/gillesgabriel)


Commentaires

1. Le lundi 19 mai 2008 à 19:54, par missa

oh ouais, Gilles Gabriel!!! prends des photos!!!

2. Le mardi 20 mai 2008 à 10:44, par manulelillois

Les frères Dardenne ont-ils découvert le moule de la Palme d'Or ? Vu de Lille, c'est Indy et son fouet qui s'imposent cette semaine en terme de buzz... Mais Dany et son accint d'euch nord débarquent. Sortez les boîtes à HEIN ? ! On l'attend ici à lille pour la grande parade dans les rues de la ville, avec bière et frites-fricadelles à VOLONTE !!! Vu de Lille, les rumeurs grandissent : fondées ? +INFO+INFO+INFO+INFO+++INFO Cassel et Kassovitz en sont venus aux mains... Angélina Jolie récompensée à coup-sûr Palme d'Or du film : the changeling => Clint et Sean s'adorent Mon Top 5 des Marches : 1 Angélina Jolie toute en rondeur, superbe ! 2 Pandi-Panda 3 Elsa Zylberstein ou le remake de Sophie Marceau 4 Fadette tentant pour la 13ème fois de monter les marches. "Les baskets, là, ça va pas être possible !" 5 Tintintintin tintintin tintintintin tintintinnininin

Fadette, ici, il fait toujours aussi beau, Lens est en Ligue2, et promis, on ira voir "un conte de noël" avant Indy

Jour 5 sur la croisette...

Par Fadette, dimanche 18 mai 2008 à 17:30



Jour 5, mais attendez, ce ne serait pas dimanche 18 ça? Il me semble bien qu'on devait voir un film événement...

Un film événement... Qu'est ce que ça peut bien être? Je me souviens, une histoire de suite, de crânes, de fouet...

Mouais, je ne vois pas. Parlons donc de Serbis, film philippin présenté hier en compétition...

Et absolument sans intérêt!

Non, le vrai événement du jour, celui que tout le monde attendant vient juste de quitter la salle de conférence de presse. Celui pour lequel il a fallu se battre aujourd'hui c'est Indiana Jones!

Projection à 13h d'Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal... Et conférence à 15h30. Impossible donc de faire les deux, en live. J'ai choisi, dans la file à midi j'ai pu voir le film dans de bonnes conditions, et suivi la conférence retransmise dans le palais, quelle abnégation non? Il faut dire que les places étaient encore plus chères que d'habitude. Les files énormes, et c'est tout de même une des premières fois que les applaudissements résonnent au début de la projection, à la lecture des noms sur le générique. Quelques uns ont bien tenté de chanter aussi, mais l'anticipation était trop forte, et les spectateurs tout à leur plaisir...

Bon, j'arrête de traîner, je vais vous dire ce que vous voulez savoir? Oui, Indiana Jones 4 c'est le même plaisir de spectateur que les premiers. Oui, Indiana Jones 4 c'est un Harrisson Ford en forme, qui se fait plaisir, et de l'action et des scènes vraiment drôles. Je n'en dirais pas plus, si ce n'est que je vous conseille d'y aller vite, avant que les médias ne vous aient tout dévoilé! D'ailleurs restez loin des bandes annonces, gardez en tête le teaser: celui où on ne voit que l'ombre du héros. Ce qui fait plaisir dans une projection d'Indy, c'est de retrouver le personnage, sa légende... Un seul regret, ceux qui me connaissent ne s'en étonneront pas: Sean n'est pas là. Mais cela n'empêche pas Spielberg d'explorer la famille avec un humour certain, et de notables clins d'œil à ceux qui ont fait la série et n'ont pas pu continuer... Je m'arrête là, j'aurais détesté en savoir plus avant de le voir, je pense à vous vous voyez! Mais je promets de poster plus tard un article plus complet en l'intitulant bien "spoiler"



En attendant, puisqu'on y est, voici quelques échos de la conférence de presse... Histoire de vous mettre l'eau à la bouche...

George Lucas: "J'aime qu'on démarre toujours avec un objet, c'est comme ça que travaillent les archéologues. Et puis il faut que cet objet ait une part de mythologie surnaturelle, il y en a peu qui marchent. Beaucoup de films imitent aujourd'hui Indiana Jones, ils inventent ces objets, un peu bêtes d'ailleurs, mais bon, ils font ce qu'ils veulent. Moi j'aime l'idée que des gens y croient, et une fois qu'on a cet objet on peut construire l'intrigue et les personnages."

Harrisson Ford: "Remettre le costume m'a rappelé tous les bon moments du film, et je suis vraiment heureux et reconnaissant d'avoir été, et d'être toujours Indiana Jones. Ces films ont changé ma vie."

Steven Spielberg: " On nous demandait toujours, à Harrisson et moi, quand nous ferions un autre Indiana Jones. Jamais on ne m'a demandé si je ferais un autre A.I! Alors nous en avions envie, nous l'avons fait, et c'est sûr que cela nous orientera pour le futur." " Tout réalisateur ayant déjà travaillé avec Harrisson a une « arme secrète ». C'est un vrai plaisir, et un honneur de travailler avec quelqu'un d'aussi bosseur. Et pas seulement sur son personnage, mais aussi sur les autres, l'histoire, il coopère réellement et pleinement à l'histoire, c'est une aide extraordinaire sur le plateau."


Commentaires

1. Le lundi 19 mai 2008 à 07:05, par missa

ah lala, pendant qu'yen a qui se levent a 6h pour leurs exams, d'autres se levent à 9h pour aller monter les marches... pas juste!!! et alors, à Harisson Ford, personne lui a demandé "heels ou pas heels"??

2. Le lundi 19 mai 2008 à 13:45, par martinpo

tintintintiiiiiiiiiiiiiiiiiin tintintin tintintintiiiiiiiiiiiiiin tintintin tintint!

3. Le mercredi 21 mai 2008 à 21:18, par Vivi

Eheeeh aprés avoir regardé 14 fois la trilogie en DVD ca va faire plaisir d'en découvrir un tout beau tout neuf..même si NOUS on pas voir Ford Lucas et Spielberg en vrai et que ca ca doit faire tout bizarrre:'s Même pas peur d'être déçu.....

Cannes, jour 4 (samedi 17)

Par Fadette, samedi 17 mai 2008 à 11:08

jour 4, plus ou moins en forme, plus ou moins réveillée

Il faut que je vous raconte l'ambiance cannoise avant la projection d'un Woody Allen... Hier soir avaient lieu les deux projections presse de Vicky, Cristina, Barcelona, dernière livraison du réalisateur de Celebrity et autres Hollywood Ending. Une projection très courue, à en juger par la file de prétendants aux sièges qui s'alignait sur le trottoir dès une heure avant la séance! J'ai une bonne excuse pour ne pas les avoir rejoints immédiatement, il fallait que je vous écrive.

Me voilà pourtant prête une demi-heure plus tard, à aller piétiner pour espérer de voir Penelope Cruz et Scarlett Johansson se partager plus ou moins bien les faveurs de Javier Bardem. Et oui car le nouvel opus de master Allen, c'est une comédie légère de mœurs, avec un bon nombre de fantasmes masculins, on en reparlera... Me voilà donc dans une file, sous le panneau « presse bleue » (voir les épisodes précédents). sauf que ce n'est pas la bonne, un gentil monsieur vient me le dire, et m'envoie vers la file «cannes cinéphile », je doute, donc je suis... Au fil des minutes les journalistes arrivent, plus ou moins bien informés, et donc plus ou moins dans la bonne file. Je tente d'en prévenir quelques uns, et me plonge dans une conversation avec mon voisin, qui m'explique qu'il fait bon nombre de fêtes, et que donc les projections du matin à 8h30, très peu pour lui. « Il est bien le Desplechin? ». S'ensuit une discussion, plus ou moins animée, essayez donc de lancer un de ces thèmes dans une foule de critiques, vous comprendrez.

Les minutes passent, et bientôt il est 19h20... (pour une projection à 19h30)

Hourra, les roses sont passés, nous, pauvre bleus, allons peut-être pouvoir entrer. Et là c'est le drame, que dis-je le drame, l'émeute... Les journalistes bleus de la mauvaise file se rendent vite compte qu'on leur a menti: ils ne sont pas dans la bonne file. Les voilà donc qui tentent de rejoindre celle qui avance, sous les sifflets de ceux qui sont derrière, mais sur la bonne file... Et une fois entrés ce n'est pas fini, dans les escaliers on court, dans les couloirs aussi, et après on se bat presque pour les places, y compris celles sur les marches!

Dingue quand même ce que le cinéma peut faire à des gens apparemment raisonnables!

Voilà pour ce matin, je reviens dans l'après-midi avec les échos de la conférence de presse du Woody Allen... Et mes impressions sur le film, promis!



Commentaires

1. Le dimanche 18 mai 2008 à 20:02, par rex(le sudiste)

ne t'inquiete pas on va t'offrir une batte de baseball pour que tu puisse avoir ta place