15 juin 2009

Patrice Leconte, en intégral!

19488-_MG_7740.jpgIl est passé à Lille pour présenter son premier roman "Les femmes aux cheveux courts"...  Alors vous pensez bien que j'ai sauté sur l'occasion de plus d'une demi-heure avec Patrice Leconte... Une rencontre joyeuse, animée et, oserais-je dire, presque amicale...

 

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08 avril 2009

Fast and Furious, interview de l'équipe

fastandfurious2.jpg2000 personnes, des voitures, des danseuses court vétues, et une équipe de grandes stars américaines. Le 18 mars dernier à L.A. (Lomme Angeles), c'est l'équipe de Fast and Furious 4 qui roulait des mécaniques.
Et, dans un petit coin, en face des télés, il y avait des journalistes "locaux"... Dont la Petite Fadette, et oui...
Et il faut avouer que 5 minutes, les yeux dans les yeux avec Paul Walker... Mêm si on est pro, on se dit qu'on fait un bien joli métier !
Allez, une petite retranscription de ces -grands- moments!

Et pour la Vidéo, c'est par là que ça se passe:
http://www.dailymotion.com/video/x8pkj3_fastfuriousbonavi...

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19 novembre 2008

Rencontre avec Antoine de Maximy

Entretien réalisé par Amélie Tulet

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Pourquoi avoir choisi les Etats-Unis pour adapter la série télé « J’irai dormir chez vous » au grand écran ?

Dès le début, j’ai vu loin. Pour moi, les J’irai dormir chez vous, ça ne pouvait pas être simplement : un voyage, un tournage. Je voulais en faire une série. C’est pour cela que j’ai gardé les Etats-Unis de côté : je me suis dit que ce serait un bon argument de vente pour proposer une suite une fois la première série d’épisodes achevée. « On ne peut pas s’arrêter là : on n’a même pas fait les Etats-Unis ! » Au moment de signer pour la deuxième série de reportages, on a choisi de réserver le voyage aux Etats-Unis pour un format plus long sans savoir alors s’il s’agirait d’un long métrage pour le petit ou le grand écran. Après, ça n’a pas été difficile de convaincre les producteurs. Quand l’équipe de tournage se réduit à une personne, ça ne coûte pas bien cher.

Les personnages qui peuplent le film sont souvent des marginaux. Est-ce un choix délibéré de votre part ?

Ce n’est pas moi qui ai choisi des gens en marge. C’est plutôt le contraire. Quand je pars au hasard, que je rencontre des gens dans la rue, ce sont souvent des gens un peu hors du système. Les gens qui sont bien intégrés dans la société sont généralement ceux qui traînent le moins dans les rues. C’est vrai aux Etats-Unis, c’est vrai partout. Je n’ai pas cherché à faire un portrait de cette Amérique qu’on appelle « profonde ». Je n’ai pas fait un travail de journaliste. J’ai le regard qui est le mien, certes, mais je montre des choses brutes. Contrairement à un documentaire classique, je n’ajoute pas de commentaire. Le spectateur y trouve et ressent ce qu’il veut. Souvent, chacun y voit quelque chose de différent. Comme dans un voyage…

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A plusieurs reprises, vous vous trouvez dans des situations inconfortables. La tension monte et on sent que tout peut rapidement basculer, notamment dans les quartiers populaires de la Nouvelle-Orléans. Vous êtes-vous senti en danger ?

A la Nouvelle Orléans, je savais bien qu’il fallait que je fasse gaffe. C’est simple, dans un quartier où il n’y a pas de pognon, quand tu te balades avec du matériel, tu es potentiellement une cible. C’est la même chose en France. Je n’ai pas senti que c’était un pays particulièrement dangereux ou violent. Par contre, il y a un climat de peur plus que dans d’autres pays. C’est un des pays qui m’a semblé le plus parano. D’ailleurs, le moment où j’ai vraiment cru que les choses pouvaient déraper n’est pas dans le film. Il y avait un groupe de mecs pas clairs. Je suis passé vite, sans m’approcher et sans dire un mot à ma petite caméra : inutilisable.

Comment votre étonnant attirail agit sur le comportement des gens ?

La caméra, même petite, permet de faire un premier tri. Les gens timorés qui ne veulent pas qu’on s’intéresse à eux, s’éloignent, et ce sont les grandes gueules, ceux qui ont envie d’être en représentation, qui s’approchent. Et là, il se passe souvent des choses. Le matériel enlève, c’est sûr, une certaine authenticité, mais elle dénature infiniment moins les comportements que s’il y avait une vraie équipe de tournage, avec caméraman, preneur de son… Là, je suis seul et je peux regarder la personne dans les yeux.

Quel était le degré de préparation de ce road trip américain ?

Je savais que je partais de New-York pour aller à Los Angeles…je savais que je voulais voir les hamishs et passer par la Nouvelle-Orléans… c’est à peu près tout. J’avais très envie d’une décapotable…mais comme vous pouvez le voir dans le film, j’ai du revoir mes ambitions.

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22 octobre 2008

Interview de Vincent Cassel pour Mesrine

mersine1.jpgVous aviez refusé la première version du scénario car elle représentait Mesrine comme un héros...
Avant de me retirer du projet (alors mené par Barbet Schroeder), il y a eu plusieurs versions déjà. C’était la direction intrinsèque du projet qui, selon moi, allait dans le mauvais sens. Aujourd’hui, vu que les choses sont comme elles sont, je suis vraiment ravi d’avoir eu ce bras de fer avec Thomas Langman (producteur à l'origine du projet), car j’estime que cela aurait été injuste, dommage et même dangereux, de le présenter comme il apparaissait dans les 2 films.

C'est à dire?
C’était les gentils gangsters contre les méchants flics. beaucoup trop simple pour être vrai. et moi, ne serait-ce qu’en lisant le livre qu'a écrit Mesrine, ce qui m’intéressait était l’ambiguïté du personnage. A partir du moment où l’ambiguïté disparaissait, je n’y voyais plus mon intérêt. j’ai tout fait pour récupérer le truc mais il y avait une différence telle de points de vue qu’on est allés au clash. Barbet avait envie d’en faire autre chose, parce qu’il était issu de cette époque là et qu’il en avait gardé une vision idéale. Or, Thomas (Langman,producteur), Jean-François (Richet, réalisateur), Abdel Raouf Dafri(co-scénariste) et moi, on est de la même génération, le fait qu’on ne soit pas issu de cette époque , fait qu’on a plus de recul.

Quand avez vous entendu parler de Mesrine pour la 1ère fois ?
Vers 12-13 ans. Mon frère avait 3 ans de moins. On a grandi dans le 18e arrondissement dont Clignancourt fait partie, et on allait s’entraîner au foot au stade qui est derrière le périphérique; il fallait passer par la porte de Clignancourt.. Mon frère est rentré un soir, m’a dit : "on nous a jetés par terre, on a entendu des coups de feu, il parait qu’ils ont abattu Jacques Mesrine". En fait,mon premier souvenir lié au personnage, c’est sa mort, comme pour 80% des français de mon age.

Quand vous vous êtes plongé dans le personnage, avez-vous eu une boulimie de documentation?
Ce qui est génial avec le cinéma, c’est quand on a un sujet, on a accès à tout ce qu’il y a autour. Le livre ? Mesrine l’avait déjà romancé, donc si on est à la recherche d’une certaine vérité, on ne peut se contenter de ce qu’il a écrit. Il invente, il le dit d’ailleurs dans le film. Mon travail s’est donc fait sur les livres : tout ceux qui l’ont croisé, a un moment donné, ont écrit sur lui. Donc son livre, ceux de ses compagnes, les gens qui lui ont couru apres, les journalistes qui l’ont interviewé, les flics qui faisaient partie de la brigade etc.. Beaucoup de choses se recoupaient et ce sont ces choses la qu’on a utilisé.
Après, il y a pour moi un apport incroyable, ce sont les enregistrement vocaux car il n’y presque pas d’images vidéo de lui. La seule trace organique de lui, c’est sa voix, son débit. Et le fait qu’on ait eu plein de scénarios et de séances de travail, on a pu modeler un truc sans contre-sens sur sa vie. on est toujours dans le personnage.

Comment on se l'approprie en tant qu'acteur?
J'aime beaucoup improviser et j'ai eu la chance de tomber sur un réalisateur, Jean-François, qui m’a laissé cet espace là. Mon réflexe quotidien, c’était de déchirer la page de scénario du jour en m'énervant: "mais c’est n’importe quoi, j’y arriverai jamais"… Et à partir de là, on réinventait quelque chose à partir de la base qu’il m’avait proposé mais qui contenait beaucoup de moi. Quand on est dans le personnage comme je l’étais, on peut pas être a cote de la plaque. Du coup, il y a beaucoup de phrases dans le film, qui n’étaient pas écrites et qu’on aurait eu du mal a écrire avant, et qui sont sorties en impro, et dont je suis assez fier.

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N'avez vous jamais eu besoin de vous recadrer sur le tournage?
Une fois ! quand je me suis arrêté une semaine pour faire la promo des « promesses de l’ombre » au festival de Toronto, ma seule coupure de tout le tournage. Au retour, j’ai eu un moment de panique absolu. tant qu’on est dedans on réfléchit pas, et c’est très bien, on ressent et on trouve des solutions toutes les 5 minutes. Le processus organique, c’est ça. Par contre, après un temps d’arrêt, on perd confiance, j’ai flippé, j’en ai parlé à Jean-François, que j’ai fait flipper a mon tour : "on a fait n’importe quoi depuis le début, faut qu’on trouve une solution de repli, faut qu’on revoie tous les rushes et qu’on corrige des trucs"… Et finalement, c’est très bien d’avoir flippé et de l’avoir fait flipper. Du coup il s’est vraiment retapé tous les rushes et m’a dit, "ça va"... Mais ça a quand même servi de boosteur. Chaque scène, chaque jour, était déterminante. Il n’y avait pas de petites scène.


(on lui sert du rouge)

Et maintenant vous mangez et buvez normalement, il n’y a plus de regime ?
Ce régime pour prendre 20 kilos, ça a été mon drame, c'était terrible parce que j’adore manger. Non pas que je bouffe jusqu'à la boulimie, mais c’est pour moi un moment très important de la journée. Un vrai moment de communion avec les gens. j’aime manger. et là, tout d’un coup, comme c’était devenu un travail et je me relevais tous les matins en gerbant parce que j’avais les dents du fond qui baignaient en permanence et surtout le soir en me couchant, ça m’a ruiné le plaisir. Honnêtement, j’ai bien mis huit mois pour retrouver ce plaisir. Des que j’ai arrêté de m’empiffrer pour maigrir, selon besoin du tournage, j’ai vraiment relâché et fait n’importe quoi, j’ai sauté des repas, plus rien a foutre. Et le naturel est revenu !

Qu’apprehendiez vous le plus dans ce tournage ?
Le ridicule ! Même si le ridicule ne tue pas l’acteur, il doit continuellement flirter avec pour faire des choses intéressantes. moi, j’envisage toujours ça comme un tour de prestidigitation : il y a le vrai et il y a le faux. évidemment que le vrai Mesrine ne ressemble pas à mon faux, je ne me fais pas d’illusions là dessus, d’ailleurs je n’ai jamais essayé de l’imiter. Par contre je dois proposer quelque chose de suffisamment loin de moi et suffisamment proche de lui pour que les gens aient envie d’y croire. j’ai entendu des gens dire « c’est incroyable ce que vous lui ressemblez » alors que pas du tout. Mettez nos deux photos côte à côte, le faux se casse immédiatement la gueule. le cinéma c’est quelque chose de fragile de ce point de vue.

Le fait de faire jouer Mesrine par un « beau gosse » n’est-il pas dangereux ?
Ca nous amène a la question clef : qu’est ce qui fascine chez Mesrine ? La vraie réponse c'est : sa mort. C’est sa mort qui l’a installé dans le panthéon des mythes. Beaucoup ne connaissent de lui que sa mort. le reste, ils s’en foutent. Ça a installé une espèce d’image de révolutionnaire un peu surfaite et floue. Si, un combat pour moi reste vrai : contre les QHS, quartiers haute sécurité. C'est un combat qui lui tenait vraiment à cœur pour la bonne raison qu’il en a tellement chié qu’il voulait leur faire payer. Le reste, je crois que c’était principalement des chevaux de bataille qu’il se construisait en route pour justifier son choix de vie. En ce sens, c’est pas très louable. Mais lui aussi avait envie de reconnaissance : sous couvert de révolution et d’anarchie, il voulait déposer quelque chose de lui qui resterait, et on peut dire qu’il a vraiment réussi. la preuve, on a fait deux films sur sa vie.

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Le film, et votre interprétation, évitent, parfois maladroitement, d'excuser...
C’est une question de nature. Le film ne lui trouve pas des excuses mais tend à trouver un acte fondateur à son personnage dans la guerre d’Algerie et qu’il y a des raisons qui le confortent dans ce qu’il a décidé d’être. Mais moi je crois qu’à la base, il y a une nature agressive : Dans la vie, dans une même famille, deux frères grandissent ensemble élevés pareils , l’un devient puma l’autre chèvre. lui avait une nature de puma. Et sa relation au père. il y a par exemple une étude qui dit que les enfants des perdants de 39-45 ont en grande partie devancé l’appel pour l’Algerie. il y avait un honneur a la clé, qu’importe que l’ennemi soit différent.

Vous ne vouliez pas d’un Mesrine héroïque et charmeur…
Héroïque non, mais charmeur certainement. c’était un embobineur de première. ça faisait partie de sa gamme. Il fallait au contraire jouer là dessus, dans sa manière de rouler les nanas dans la farine, principalement la première, qui n’avait rien a voir avec le milieu. Moi j’avais un but inavoué dont je me suis rendu compte après : j’étais le premier a faire en sorte que ses parts d’ombre soient vraiment là, que quand il doit être sale et repoussant, je suis sale et repoussant à l’écran et dans le scénario. Quand il doit être impardonnable, je dois être impardonnable. en même temps, je voulais qu’on ne fasse rien pour le rendre sympathique, parce qu’il n’y a rien d’héroïque à braquer et terroriser les gens, mais je voulais qu’a la fin du film les gens aient de la sympathie pour lui, et se sentent un peu coupables de ça. Que le public soit complice malgré lui.


Avez vous besoin de comprendre un personnage pour le jouer ?
Ca m’intéresse de le comprendre mais ce n'est pas essentiel. on peut très bien ne pas le comprendre et très bien le jouer quand même. On est acteur. c’est Michel Simon qui disait souvent à propos de ceux qui se prenaient un peu trop la tête : "ouh la la encore un acteur intelligent !"

Pourquoi vous vouliez tellement le jouer, ce Mesrine ?
Je n’avais pas de fascination pour lui à la base. D’ailleurs toujours pas, aujourd’hui. j’ai simplement vu un sujet réellement porteur. un personnage populaire, plein de paradoxe, encore si fortement présent dans l’inconscient collectif, qui a une vie de barjo.. c’était un role à ne pas rater. C’est en ce sens la que je me suis accroché et que je suis revenu a la charge. Il y a quand même un moment ou j’ai joué la carte du « je me casse, démerdez-vous ». Il aurait très bien pu me filer sous le nez. Dans mon for intérieur, j’espérais, et une petite voix me disait « t’inquiète pas, ça vaut le coup de la jouer comme ça, au clash », mais j’aurais pu ne pas pouvoir le faire...

Vous aviez aussi failli refuser le Cronenberg... Et Mesrine, deux rôles énormes ?
Je suis toujours le mec qui commence par dire non.

Après un tournage énorme, en budget et en temps, comme celui là, il faut enchaîner ou se reposer?
Moi, je suis partisan du « à quoi ça sert de travailler si on en profite pas ? ». Je suis le roi de « j’me casse ». Donc après le film, je suis parti, loin et longtemps. J'ai profité de ma famille, de mes amis. Ce métier, qui d’ailleurs n’est pas un métier mais une occupation, est très lié au plaisir. Un acteur doit jouer parce qu’il a envie. Moi, à partir du moment où l’envie s’amenuise, je ne vois l’intérêt d’être sur un plateau. J’adore jouer mais si je ne fais que ça, je deviens fou. Et comme je suis quelqu’un d’équilibré, je ne joue pas tout le temps.

L’envie est revenue ?
Ah oui, j'ai fini un autre film entre temps.

Propos recueillis par Fadette Drouard, à Paris, le 14 octobre 2008

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