03 août 2010

Faut pas pousser...

19090259.jpgNon mais c'est vrai faut pas pousser, sinon, ça explose!

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01 avril 2008

Interview intégrale de Sylvester Stallone pour John Rambo

Personnage public/personnage privé... Il arrive que les acteurs se cachent derrière un personnage public qui n'a rien à voir avec ce qu'ils sont vraiment. Journalistes et public ne connaissent pas forcément le « vrai » personnage, c'est la force de la promotion. Mais il arrive qu'au détour d'une interview la lumière se fasse, et que la personne derrière le personnage apparaisse. Et puis il y a ceux qui trimbalent un « personnage public » à l'opposé de ce que les journalistes peuvent voir, et, croyez-moi, ils sont nombreux... Parfois la surprise est mauvaise, parfois elle est bonne. La première fois que l'on rencontre Sylvester Stallone doit toujours être un choc. Pour ma part ce fut au gré de la promotion de Rocky Balboa. Gentil, réfléchi, abordable, sympa, loin de l'image que les médias ont pu lui créer, Sly a été une révélation. Le retrouver pour John Rambo, ce jeudi 31 janvier, a été un vrai plaisir. Tel qu'on s'en souvenait, il a répondu à toutes les questions sans ambage, sans langue de bois, ce qui est pourtant courant pour les acteurs d'hollywood. Voici donc les minutes d'une interview « retrouvailles » avec l'un des acteurs les plus connus au monde, qui a tout de même pris le temps après la conférence de serrer la main de ses « amis » journalistes, tous aux anges. Après tout, la base du métier c'est d'être fan (et je ne cite aucun chanteur!)

Pourquoi avoir attendu 20 ans pour ce nouveau volet de Rambo?

Il y a eu un moment où ma carriere ne marchait pas vraiment, j'ai fait quelques mauvais films, et puis je n'avais pas l'opportunité de faire Rambo. Il y a aussi le fait que le personnage de Rambo n'était pas vraiment dans les mémoires des gens, il y a toute une génération qui ne s'en souvenait plus. Mais je pense qu'il y avait une vraie histoire humaine à raconter. Pas une histoire hollywoodienne, mais humaine qui raconterait ce que c'est qu'être un guerrier. Cette idée qu'on peut se battre toute sa vie, et finalement se rendre compte que le monde est encore en guerre. En fait tout est arrivé grâce à Rocky, merci monsieur Balboa.

Ce film parle, pour Rambo, de l'acceptation de ce qu'on l'on est. Est-ce une démarche que vous aussi avez du faire?

Oui, il y a de ça. On aime toujours penser qu'on est diversifié, qu'on peut tout jouer... Avec Rocky Balboa je pense que j'ai connu le succès trop tôt, je n'avais encore rien appris de la vie et de ce métier. Mais j'étais Rocky. J'ai essayé d'être autre chose, mais le public n'a pas suivi. J'ai finalement compris que parfois on ne pet pas être Daniel Day Lewis, quelqu'un qui puisse tout jouer. Si vous êtes connu pour quelque chose, alors faites ce boulot là, racontez de bonnes histoires, et soyez loyal envers ceux qui sont loyaux envers vous. Je pense honnêtement que je suis un acteur physique, je l'apprécie aujourd'hui. Aujourd'hui je suis très fier de montrer à une nouvelle génération quelque chose qu'ils n'ont peut etre pas vu depuis longtemps au cinéma.

Que pensez-vous du retour en masse des personnages des années 80 au cinéma? D'indiana Jones à John McClane?

Je pense qu'Hollywood peut tout faire, mais c'est toujours risqué financièrement. Il ya de très bons scénaristes, de très bons acteurs. Mais certains films sont plus risqués financièrement, et les producteurs ne veulent pas prendre ce risque. Aujourd'hui moins de gens sont prêts à jouer, on cherche la sécurité. Mais Spiderman paie pour 50 autres films, donc on en a besoin. Pour pouvoir faire No Country for old men ou There will be blood il faut que La mémoire dans la peau existe... Une chose en amène une autre. Je pense qu'à un moment les jeunes acteurs et scénaristes vont se révéler et faire ce que Scorsese ou De Palma ont fait en leur temps dans les années 70, des bons films, indépendants, mais aussi commerciaux. Ca arrivera, c'est un cycle qui va arriver.

Le premier Rambo se situait au Vietnam, aujourd'hui il est en Birmanie. Pourtant l'implication américaine aujourd'hui est ailleurs. Pourquoi ne pas l'avoir placé en Irak, et pensez-vous qu'un jour le « fils de Rambo » irait en Irak?

Non, ca n'arrivera pas. Ce serait, je pense, une insulte de penser qu'une personne, que ce soit Rambo, Rambo junior, ou la fille de Rambo, pourrait changer le monde si simplement. Il y a des gens qui meurent en ce moment, c'est pour cela que je ne voulais pas toucher à l'Irak, ce serait une simplification d'une guerre incroyablement complexe.

Ca va vous paraître fou, mais Rambo a passé sa vie couvert de sang, plein de culpabilité, donc il se retrouve au purgatoire en quelque chose. Il ne parle à personne, choisit une vie où il bosse avec des serpents, il y a beaucoup de symbolisme dans tout ca. Il est comme Sisyphe, condamné à une vie horrible. Et puis il y a ce rayon de lumière, cette jeune femme, et autant il se fout des autres autant cette femme, sa naiveté, sa féminité, le touchent. Il se delande littéralement ce que le monde serait sans ces gens qui pensent vaiment que le monde doit laisser une chance à tous. C'est naïf c'est sûr, mais on en a tous besoin. Donc finalement cet homme cynique qui déteste l'humanité réalise que c'est ce qu'il doit faire: pas l'épouser ou tomber amoureux, mais juste veiller à ce qu'elle survive et raconte son histoire, là il pourra rentrer chez lui.

Maintenant que vous avez mis un point final à l'aventure de Rocky, et apparament à celle de Rambo, comment envisagez-vous la suite de votre carrière?

Calmement, à mon âge! Je voudrais par exemple aller dans le cinéma de genre. Quant à Rambo, c'est un personnage intéressant, mais qui ne peut plus faire la guerre! Mais c'est un personnage qui reste intéressant, et je me dis qu'il faudrait peut-être explorer cette piste. C'est un peu fou mais.. J'ai aussi l'idée de faire un remake d'Un justicier dans la ville, mais en ce moment vu la situation en Amérique... Ce serait un film dur. Je vais être honnête avec vous, je ne veux jamais faire de film tout public, vraiment. Pas que je sois contre, mais c'est dur de raconter la vérité tout en l'étant.

Vous avez travaillé avec les serpents pour ce film... Parlez-nous de ce travail

Attention tout le monde, ne jouez pas avec les serpents, ils sont fous. On n'avait pas les moyens d'utiliser les effets spéciaux, donc on travaillait avec de vrais serpents, que les villageois nous amenaient. Des animaux qui faisaient parfois 3 m de long. Mais ce qu'on ne sait pas c'est que quad le cobra se dresse, il le fait d'un tiers de sa taille, c'est haut! Ce qu'on a essayé c'est de leur scotcher la gueule fermée, qu'ils puissent attaquer sans mordre. Mais parfois le scotch n'était pas assez fort. C'est incroyable, attendez de voir le making of! On tournait pendant 2 jours, et ils devenaient fous.

Ce Rambo est aussi le premier que vous faites sans Richard Crenna, qu'est-ce que cela change pour vous?

C'est comme quand Micky est mort pour Rocky: ça pose la question de comment remplir ce vide? Mais ce qui est bien c'est que ca ajoute au personnage, à sa solitude. Dans le premier scénario il y avait un autre personnage, "Oguerra", ex agent de la CIA, très cynique, qui recruterait Rambo en lui faisant un chantage du genre, ... Et puis il y avait le happy end.. Ca ne marchait pas. J'ai essaye de remplacer Crenna, mais c'est impossible.

Malgré toutes vos réticences à faire ce film, y avez-vous trouvé du plaisir tout de même?

Oui. Une fois qu'on se fait à l'idée d'être considéré comme un has-been sur le retour, une fois qu'on passe sur les moqueries, votre femme qui pleure en vous disant « ne le fais pas, tu vas nous mettre la honte à vie », et qu'on se focalise sur le film, c'est un voyage fascinant. J'ai beaucoup aimé faire Rambo. A l'origine j'avais demandé à un autre réalisateur de se mettre sur le projet. Je pensais qu'il me fallait un regard neuf... Et ce jeune homme passait son temps à parler d'Al Quaida, de plutonium.. Et moi je lui disais « et pourquoi ne pas se focaliser sur la question la plus importante: des hommes qui en tuent d'autres, une histoire aussi vieille que le monde...> Et puis je me suis dit que j'allais réaliser le film moi-même, mais du point de vue de John Rambo, pas de Sylvester Stallone. Si on donnait une caméra à Rambo, qu'est ce que ça donnerait? Est-ce qu'on ne se retrouverait pas avec ce film, nerveux, pas « joli », brut. Je me suis dit que ce serait la meilleure façon de garder une cohérence. Au final, j'ai adoré ça, mais je ne le recommanderait à personne!

Qu'est-il advenu de votre film sur la vie d'Egar Poe, cela va t-il se faire?

Ca va se faire. Mais probablement qu'au final c'est Tim Burton qui le fera avant moi... Ca fait si longtemps que j'attends. Mais vous savez quoi, le vrai problème c'est que j'en parle depuis si longtemps, qu'il finira toujours par décevoir! Mais je vais le faire! Poe est très intéressant, tout le monde peut s'y retrouver, c'est quelqu'un qui a voulu assumer sa différence, et a été persécuté pour cela. Je ne sais pas pourquoi il m'importe autant, parce qu'on peut difficilement être plus différent que Poe et moi, mais je m'identifie quelque part à cette idée qu'il faut être prêt à être seul si on veut être différent.

John Rambo est vraiment un film très violent, avez-vous a un moement pensé le rendre moins violent?

Ce que vous voyez c'est exactement ce que j'ai pu voir dans des reportages qui ont été tournés en Birmanie. Je n'ai pas essayé d'être original, juste d'être honnête. Je veux que quand vous voyez ce que ces personnages doivent subir vous ne soyez pas heureux d'être dans l'action, mais que vous vous détourniez, que ce soit choquant. Je veux que les gens comprennent ce qu'est réellement une guerre civile. Je voulais montrer de façon responsable ce qui se passe, ce que ces pauvres Karen vivent tous les jours. Je n'ai jamais considéré que j'avais le choix de faire un film moins violent. Faire un film tout public aurait été possible, mais je n'aurais plus osé me regarder dans un miroir. Les studios ne voulaient pas de ça, ils voulaient un film d'action. Mais je leur ai dit :"non, nous ferons un film de guerre, ce qui est totalement différent". C'est un choix. Je n'ai jamais eu de doutes là dessus, je voulais que ce soit dérangeant. Je veux que les jeunes hommes qui vont aller voir Rambo comprennent que oui,il est très courageux et c'est un héros, mais que cette violence est réelle. Qu'elle a lieu en ce moment en Afrique etc. Je ne voulais pas d'une version édulcorée.

Le film aurait-il pu se terminer sur la mort de Rambo?

J'ai écrit cette fin! Il mourrait sur la plage, ou dans les bras de la fille. Mais comme pour le premier Rambo (où normalement il meurt), ça marchait dans l'histoire, artistiquement aussi. Mais émotionnellement ce n'était pas satisfaisant. Je ne l'ai pas fait mourir parce que je voulais montrer que cette partie de sa vie était finie, c'est la mort du guerrier... Il reste une question: et maintenant? C'est ça qui est fascinant : qu'est ce qui vient après?

Pourriez-vous aujourd'hui réaliser un film sans jouer aussi dedans?

J'adorerais. Je discutais avec Arnold Schwarzenneger la semaine dernière, et on se disait que vraiment à un moment quand on est sur un tournage et qu'on vient vous réveiller à 2h du mat en vous disant c'est l'heure de votre cascade, qu'on va dehors, qu'on saute au dessus d'une voiture en feu... On se dit que vraiment on est un peu vieux pour ça! Je pense que le temps est venu de trouver le fils de Rambo!

Les Etats-Unis sont en pleine élection présidentielle, savez-vous aujourd'hui pour qui vous allez voter?

D'abord sachez que ma femme, c'est le boss. Mais ce serait John McCain. Je pense que, vu le chaos du monde, l'image des USA, on a besoin d'un homme d'état, quelqu'un qui comprenne le coeur de la guerre. Et en regardant dans ses yeux je vois un homme fort et un bon coeur, qui sera juste. C'est lui que je soutiens pour l'instant, ca pourra changer, mais... Il est peut être aussi temps d'élire une femme... On ne sait jamais!
Rencontre du 31 janvier 2008, à l'hôtel Ritz de Paris