08 octobre 2008

Rencontre avec Antoine de Maximy



Par Fadette, jeudi 7 août 2008 à 11:47 :: Interviews... :: #67 :: rss

Pendant les JO il sera, tous les jours, dans le direct de Gérard Holtz (17h45-18h45) avec un billet d'humeur. Le "pékin à Pékin" c'est lui... Antoine de Maximy est aussi le réalisateur d'un long métrage qui sortira en novembre "J'irais dormir à Hollywood". Un "documentaire subjectif" qui conte son périple à la rencontre des américains alors qu'il traverse les Etats-Unis. Une adaptation sur grand écran de son émission culte "J'irais dormir chez vous" (en DVD et sur la châine Voyage). Avec humour et fantaisie, toujours, rencontre avec un vrai baroudeur...

Quel est votre parcours ?

J’ai eu une scolarité particulièrement réussie, arrêtée à 17 ans… En fait j’ai travaillé très tôt dans l’audiovisuel. J’ai bossé ensuite pour CBS News, j’ai couvert le conflit à Beyrouth, la guerre Iran/Irak… Des choses moins marrantes. Et puis j’ai fait quelques films animaliers. J’étais notamment ingénieur son sur Le peuple singe, et j’ai suivi quelques expéditions scientifiques. Je me suis retrouvé dans un sous-marin à plus de 5000 mètres de fond, ou à passer la nuit dans un volcan, ce qui implique de dormir avec un maque à gaz. Et puis à un moment j’en ai eu marre des beaux budgets, j’avais envie d’autonomie, et là je suis allée assez loin… Je n’ai de comptes à rendre à personne.

C’est là qu’est venue l’idée de "J’irais dormir chez vous" ?

Cette émission c’est pas une idée en elle-même, c’est la convergence de plein de choses. C’est le prolongement de mon parcours professionnel, puisque j’ai été ingénieur son, caméraman, présentateur… C’est aussi le reflet de mon envie de faire des portraits de gens normaux. Ce qui est particulièrement invendable à la télé. Et puis je voulais filmer de vraies rencontres. A priori les gens s’en foutent, alors qu’en fait, quand ils commencent à regarder, ça les intéresse, ils veulent en savoir plus sur ces gens "ordinaires". Et puis j’avais envie de m’affranchir des gros budgets, de la machine télévisuelle. Quand on te donne 500 000 euros pour un documentaire de 52 minutes, ça fait beaucoup. Et ça fait qu’on a beaucoup de diffuseurs, qui ne veulent pas le même film et t’embêtent parce que c’est beaucoup d’argent. Je ne leur reproche pas, mais je n’avais plus envie de ça. J’ai voulu retrouver une forme de liberté. Là j’ai une liberté extra, je pars où je veux, sans même dire où je vais !

Il faut tout de même partir en ramenant des images…

Je ne sais pas pourquoi, mais je ramène toujours de la matière. Ca tient sûrement à la manière dont j’aborde les gens, mais je ne vais nulle part où il ne se passe rien. Des fois je débarque alors que j’ai mis toutes les chances du mauvais côté, et à chaque fois je rencontre quelqu’un et ça a de l’intérêt. La différence ici c’est que c’est un long métrage, pour le cinéma, et ça, ça décuple l’émotion. Et puis je suis parti 3 mois, alors que pour les épisodes, je pars 10/15 jours. Il y a des séquences qui vont loin, comme dans tous les voyages. Sauf que la ce sont les USA, et qu’ils sont un peu excessifs, alors les séquences aussi.

Comment, alors, abordez-vous les gens ?

Je ne les reconnais pas ! Je suis très peu physionomiste. Ce qui fait que, dans le doute, j’ai passé ma vie à parler aux gens comme si c’était des amis. ET je me suis aperçu que les gens répondent sur le même registre. Si tu commence en disant « Bonjour Madame, excusez-moi de vous déranger… » t’es mort Si par contre tu parles comme à ton frère et tu lui demande l’heure, alors il te donne l’heure et c’est gagné. Je fais ça avec spontanéité, sans effort.

Il y a pourtant « l’effet caméra » ?

Oui, mais il est très différent de quand une équipe de tournage débarque. Là il y a une seule personne, qui les regarde dans les yeux… Et puis ça fait une présélection. Les gens qui n’ont pas envie d’être filmés filent, tu ne les vois même pas. Quand par contre quelqu’un a envie de parler, pour faire le mariole ou parce qu’il a un poids sur le cœur, il parle. Je suis plus proche de la réalité que tout ce qu’on peut voir dans les documentaires.

Pour partir sans idées préconçues, il faut faire un travail, oublier ce qu’on a entendu…

Ah mais ça je suis très bon pour oublier ce qu’on m’a dit, y’a qu’à voir mes bulletins à l’école. Mais par principe j’aime aller là où on ne va pas. Le problème c’est que quand on décide d’aller où on ne va pas, souvent on se retrouve là où les gens vont quand ils décident d’aller là où les gens ne vont pas, et on est foutus. Ce que je fais c’est que je propose des idées, d’endroits où on me dit « là, y a rien ». Et quand les gens me répondent
La suite des opérations c’est quoi ?

Un livre, sur mon parcours, et celui du film, et puis les JO. J’y vais avec mon matériel pour faire un « billet d’humeur ». On a appelé ça très intelligemment "Un pékin à Pékin". Ce sera une façon de faire connaître la série, avec fantaisie.

La série, c’est fini ?

Je vais la terminer. Il me reste 4 voyages, et puis je vais passer à autre chose. Il est temps, après j’aurais l’impression de travailler, et c’est là que je commence à devenir mauvais.. C’est moins drôle. Ce que je peux dire aujourd’hui c’est que je ne sais pas ce que je ferais, j’ai plein d’idées, mais pas d’angoisse pour l’avenir, c’est un luxe !