19 novembre 2008

Rencontre avec Antoine de Maximy

Entretien réalisé par Amélie Tulet

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Pourquoi avoir choisi les Etats-Unis pour adapter la série télé « J’irai dormir chez vous » au grand écran ?

Dès le début, j’ai vu loin. Pour moi, les J’irai dormir chez vous, ça ne pouvait pas être simplement : un voyage, un tournage. Je voulais en faire une série. C’est pour cela que j’ai gardé les Etats-Unis de côté : je me suis dit que ce serait un bon argument de vente pour proposer une suite une fois la première série d’épisodes achevée. « On ne peut pas s’arrêter là : on n’a même pas fait les Etats-Unis ! » Au moment de signer pour la deuxième série de reportages, on a choisi de réserver le voyage aux Etats-Unis pour un format plus long sans savoir alors s’il s’agirait d’un long métrage pour le petit ou le grand écran. Après, ça n’a pas été difficile de convaincre les producteurs. Quand l’équipe de tournage se réduit à une personne, ça ne coûte pas bien cher.

Les personnages qui peuplent le film sont souvent des marginaux. Est-ce un choix délibéré de votre part ?

Ce n’est pas moi qui ai choisi des gens en marge. C’est plutôt le contraire. Quand je pars au hasard, que je rencontre des gens dans la rue, ce sont souvent des gens un peu hors du système. Les gens qui sont bien intégrés dans la société sont généralement ceux qui traînent le moins dans les rues. C’est vrai aux Etats-Unis, c’est vrai partout. Je n’ai pas cherché à faire un portrait de cette Amérique qu’on appelle « profonde ». Je n’ai pas fait un travail de journaliste. J’ai le regard qui est le mien, certes, mais je montre des choses brutes. Contrairement à un documentaire classique, je n’ajoute pas de commentaire. Le spectateur y trouve et ressent ce qu’il veut. Souvent, chacun y voit quelque chose de différent. Comme dans un voyage…

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A plusieurs reprises, vous vous trouvez dans des situations inconfortables. La tension monte et on sent que tout peut rapidement basculer, notamment dans les quartiers populaires de la Nouvelle-Orléans. Vous êtes-vous senti en danger ?

A la Nouvelle Orléans, je savais bien qu’il fallait que je fasse gaffe. C’est simple, dans un quartier où il n’y a pas de pognon, quand tu te balades avec du matériel, tu es potentiellement une cible. C’est la même chose en France. Je n’ai pas senti que c’était un pays particulièrement dangereux ou violent. Par contre, il y a un climat de peur plus que dans d’autres pays. C’est un des pays qui m’a semblé le plus parano. D’ailleurs, le moment où j’ai vraiment cru que les choses pouvaient déraper n’est pas dans le film. Il y avait un groupe de mecs pas clairs. Je suis passé vite, sans m’approcher et sans dire un mot à ma petite caméra : inutilisable.

Comment votre étonnant attirail agit sur le comportement des gens ?

La caméra, même petite, permet de faire un premier tri. Les gens timorés qui ne veulent pas qu’on s’intéresse à eux, s’éloignent, et ce sont les grandes gueules, ceux qui ont envie d’être en représentation, qui s’approchent. Et là, il se passe souvent des choses. Le matériel enlève, c’est sûr, une certaine authenticité, mais elle dénature infiniment moins les comportements que s’il y avait une vraie équipe de tournage, avec caméraman, preneur de son… Là, je suis seul et je peux regarder la personne dans les yeux.

Quel était le degré de préparation de ce road trip américain ?

Je savais que je partais de New-York pour aller à Los Angeles…je savais que je voulais voir les hamishs et passer par la Nouvelle-Orléans… c’est à peu près tout. J’avais très envie d’une décapotable…mais comme vous pouvez le voir dans le film, j’ai du revoir mes ambitions.

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Des cadeaux à la pelle!!!

J'irais dormir à Hollywood... Enfin, pas moi, mais Antoine de Maximy. Le globe trotter le plus télévisé de la planète s'invite chez les stars. Et de son road-movie à travers les Etats-Unis, il tire un long métrage touchant et drôle, complètement atypique!

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08 octobre 2008

Rencontre avec Antoine de Maximy



Par Fadette, jeudi 7 août 2008 à 11:47 :: Interviews... :: #67 :: rss

Pendant les JO il sera, tous les jours, dans le direct de Gérard Holtz (17h45-18h45) avec un billet d'humeur. Le "pékin à Pékin" c'est lui... Antoine de Maximy est aussi le réalisateur d'un long métrage qui sortira en novembre "J'irais dormir à Hollywood". Un "documentaire subjectif" qui conte son périple à la rencontre des américains alors qu'il traverse les Etats-Unis. Une adaptation sur grand écran de son émission culte "J'irais dormir chez vous" (en DVD et sur la châine Voyage). Avec humour et fantaisie, toujours, rencontre avec un vrai baroudeur...

Quel est votre parcours ?

J’ai eu une scolarité particulièrement réussie, arrêtée à 17 ans… En fait j’ai travaillé très tôt dans l’audiovisuel. J’ai bossé ensuite pour CBS News, j’ai couvert le conflit à Beyrouth, la guerre Iran/Irak… Des choses moins marrantes. Et puis j’ai fait quelques films animaliers. J’étais notamment ingénieur son sur Le peuple singe, et j’ai suivi quelques expéditions scientifiques. Je me suis retrouvé dans un sous-marin à plus de 5000 mètres de fond, ou à passer la nuit dans un volcan, ce qui implique de dormir avec un maque à gaz. Et puis à un moment j’en ai eu marre des beaux budgets, j’avais envie d’autonomie, et là je suis allée assez loin… Je n’ai de comptes à rendre à personne.

C’est là qu’est venue l’idée de "J’irais dormir chez vous" ?

Cette émission c’est pas une idée en elle-même, c’est la convergence de plein de choses. C’est le prolongement de mon parcours professionnel, puisque j’ai été ingénieur son, caméraman, présentateur… C’est aussi le reflet de mon envie de faire des portraits de gens normaux. Ce qui est particulièrement invendable à la télé. Et puis je voulais filmer de vraies rencontres. A priori les gens s’en foutent, alors qu’en fait, quand ils commencent à regarder, ça les intéresse, ils veulent en savoir plus sur ces gens "ordinaires". Et puis j’avais envie de m’affranchir des gros budgets, de la machine télévisuelle. Quand on te donne 500 000 euros pour un documentaire de 52 minutes, ça fait beaucoup. Et ça fait qu’on a beaucoup de diffuseurs, qui ne veulent pas le même film et t’embêtent parce que c’est beaucoup d’argent. Je ne leur reproche pas, mais je n’avais plus envie de ça. J’ai voulu retrouver une forme de liberté. Là j’ai une liberté extra, je pars où je veux, sans même dire où je vais !

Il faut tout de même partir en ramenant des images…

Je ne sais pas pourquoi, mais je ramène toujours de la matière. Ca tient sûrement à la manière dont j’aborde les gens, mais je ne vais nulle part où il ne se passe rien. Des fois je débarque alors que j’ai mis toutes les chances du mauvais côté, et à chaque fois je rencontre quelqu’un et ça a de l’intérêt. La différence ici c’est que c’est un long métrage, pour le cinéma, et ça, ça décuple l’émotion. Et puis je suis parti 3 mois, alors que pour les épisodes, je pars 10/15 jours. Il y a des séquences qui vont loin, comme dans tous les voyages. Sauf que la ce sont les USA, et qu’ils sont un peu excessifs, alors les séquences aussi.

Comment, alors, abordez-vous les gens ?

Je ne les reconnais pas ! Je suis très peu physionomiste. Ce qui fait que, dans le doute, j’ai passé ma vie à parler aux gens comme si c’était des amis. ET je me suis aperçu que les gens répondent sur le même registre. Si tu commence en disant « Bonjour Madame, excusez-moi de vous déranger… » t’es mort Si par contre tu parles comme à ton frère et tu lui demande l’heure, alors il te donne l’heure et c’est gagné. Je fais ça avec spontanéité, sans effort.

Il y a pourtant « l’effet caméra » ?

Oui, mais il est très différent de quand une équipe de tournage débarque. Là il y a une seule personne, qui les regarde dans les yeux… Et puis ça fait une présélection. Les gens qui n’ont pas envie d’être filmés filent, tu ne les vois même pas. Quand par contre quelqu’un a envie de parler, pour faire le mariole ou parce qu’il a un poids sur le cœur, il parle. Je suis plus proche de la réalité que tout ce qu’on peut voir dans les documentaires.

Pour partir sans idées préconçues, il faut faire un travail, oublier ce qu’on a entendu…

Ah mais ça je suis très bon pour oublier ce qu’on m’a dit, y’a qu’à voir mes bulletins à l’école. Mais par principe j’aime aller là où on ne va pas. Le problème c’est que quand on décide d’aller où on ne va pas, souvent on se retrouve là où les gens vont quand ils décident d’aller là où les gens ne vont pas, et on est foutus. Ce que je fais c’est que je propose des idées, d’endroits où on me dit « là, y a rien ». Et quand les gens me répondent
La suite des opérations c’est quoi ?

Un livre, sur mon parcours, et celui du film, et puis les JO. J’y vais avec mon matériel pour faire un « billet d’humeur ». On a appelé ça très intelligemment "Un pékin à Pékin". Ce sera une façon de faire connaître la série, avec fantaisie.

La série, c’est fini ?

Je vais la terminer. Il me reste 4 voyages, et puis je vais passer à autre chose. Il est temps, après j’aurais l’impression de travailler, et c’est là que je commence à devenir mauvais.. C’est moins drôle. Ce que je peux dire aujourd’hui c’est que je ne sais pas ce que je ferais, j’ai plein d’idées, mais pas d’angoisse pour l’avenir, c’est un luxe !